Pierre Assouline et Wikipédia

Pierre Assouline est évidemment une personnalité d'un niveau beaucoup plus élevé que les autres protagonistes. Auteur de nombreux ouvrages, en particulier de biographies, c'est une sommité du monde universitaire et médiatique. Il a longtemps été un haut responsable de Lire et est actuellement présent dans l'équipe de la revue L'Histoire (éditorial de fin de numéro)

Depuis 2004, il tient activement un blog intitulé La république des livres (sur LeMonde.fr), publiant dans la dernière période 15 à 20 fois par mois sur des thèmes culturels.

Pierre Assouline évoque Wikipédia dans la préface au livre de cinq de ses étudiants de Sciences Po', La Révolution Wikipédia, ainsi que dans son blog, soit dans des articles spécifiques, soit en passant à l'occasion de divers sujet.

 

 

Sommaire de la page

*Article du blog de Pierre Assouline, 9 janvier 2007 :  « L'affaire Wikipédia »  


*Autres articles du blog entièrement consacrés à Wikipédia

 1) 17 mars 2007 : Diderot ne méritait pas ça (sur une métaphore utilisée par un historien allemand)

 2) 15 août 2007 : Tous les wikipédiens ne sont pas désintéressés (sur la création de Wikiscanner)

 3) 18 octobre 2007 : La fiabilité de Wikipédia en question (sur un colloque à propos de Wikipédia)

 4) 2 novembre 2007 : « De l’irresponsabilité de Wikipedia » (sur un procès intenté à Wikimédia)

   Complément : L'analyse du procès par Maître Eolas

 

*Préface au livre La Révolution Wikipédia (octobre 2007)

 

*« Entretien avec Pierre Assouline », dans Le Débat, janvier-février 2008, pp. 31-38

 

 

*Articles du blog contenant des allusions (généralement perfides) à Wikipédia (2006-2012)


 

* L'article du 9 janvier 2007 : « L'affaire Wikipédia »  

Cet article consacré à la bibliographie de la page Wk Affaire Dreyfus exprime une hostilité constante, à l'exception d'une phrase : « Reconnaissons de bonne foi que le contenu est riche, dense, séduisant et parfois surprenant. », dont le dernier adjectif est du reste ambigu. Pierre Assouline replace l'affaire de la bibliographie Dreyfus dans un ensemble de considérations plus générales  : 

Paragraphe 1 : Doutes et suspicions

 « Décidément, Wikipédia est-elle fiable ? ». Ce paragraphe est marqué par les mots « suspicion » « doutes »   contrebalancés par la phrase citée ci-dessus. Pierre Assouline se pose comme critique objectif et impartial. Il évoque aussi « la "faveur" (euphémisme, bien sûr) dont jouit Wikipédia dans le référencement des moteurs de recherche (Google, Yahoo...) ». Il est assez amusant de voir qu'après avoir mis des guillemets à "faveur", il se sente obligé de préciser sa pensée (pense-t-il que ses lecteurs n'ont pas compris ce qu'il veut dire).

Paragraphe 2 : Assouline en défenseur (ronchon) de l'expertise

Assouline dénonce ici « cette idée bien dans l'air du temps que, au fond, tout le monde est encyclopédiste puisque tout le monde est déjà journaliste, cinéaste, critique d'art, critique littéraire, critique de cinéma, critique gastronomique, photographe », ajoutant ensuite : « On ne nous a pas encore fait le coup de "l'encyclopédie citoyenne" mais, au train où va la démagogie qui sous-tend cet état d'esprit, ça ne devrait pas tarder. Sur ce site donc,  n'importe qui peut intervenir dès lors qu'il se sent expert en quelque chose, qualité qu'il se délivre de sa propre autorité. ». Il se pose maintenant en défenseur d'une expertise menacée par la démagogie de l'air du temps. On peut noter qu'il fait une erreur à propos de Wikipédia : je ne pense pas que les rédacteurs veuillent faire un travail de critique de cinéma, de critique littéraire ou de critique d'art ; les fiches de films par exemple sont des fiches objectives : synopsis/résumé ; distribution ; équipe technique et économique ; prix reçus, etc. Ce n'est en aucun cas ce que fait un critique de cinéma ; et je ne pense pas non plus qu'il y ait besoin d'un diplôme, ni d'une véritable expertise pour réaliser ce travail. Il en va de même en ce qui concerne les livres ou les tableaux. 

Paragraphe 3 : L'affaire de la bibliographie Dreyfus

Il rappelle la découverte de François Gèze, puis cite le Dictionnaire de l'affaire Dreyfus de Michel Drouin, qui établit que le livre de Dutrait-Crozon est antidreyfusard. Assouline  fait le commentaire suivant  :  « Pour Michel Drouin, il ne fait guère de doute que ce livre, publié pour la première fois en 1909 et maintes fois réédité depuis, fut considéré comme un évangile par une génération de nationalistes. » puis ajoute « C'est donc ce Préçis (sic) de l'Affaire Dreyfus, évidemment étranger à toutes les recherches menées par les historiens entre temps, qui reste la bible de l'affaire un siècle après sa parution, du moins aux yeux des wikipédiens. » . On note la figure de rhétorique qui mène de lévangile (des nationalistes) à la bible (des wikipédiens), faisant de cette phrase une jolie petite abjection de la part de Pierre Assouline. Il termine le paragraphe en évoquant le blog de Daniel Garcia et en reprochant aux wikipédiens de ne pas avoir retiré l'ouvrage de leur bibliographie, mais d'avoir seulement remplacé : Ouvrage fondamental par Ouvrage controversé : « De la litote comme l'un des beaux-arts... ».

Paragraphe 4 : L'histoire aux historiens !

Après un autre procès d'intention contre Wikipédia (pourquoi ne pas citer Coston et autres antidreyfusards), Assouline termine par des considérations, dont on comprend le sens général (l'histoire, c'est sérieux, c'est pour les vrais pros), mais qui sont assez fumeuses si on entre dans le détail : « La question des sources est à la base de toute recherche, qu'elle soit historique, scientifique, journalistique ; or Wikipédia dilue tant la source qu'elle l'élude. On ne saurait trop le répéter : dans le domaine des idées, et en particulier en histoire, l'esprit de la référence a intrinsèquement partie liée avec la durée et non avec l'éphémère. Or sur Wikipédia, la référence est à géométrie variable : le dernier qui a parlé a raison, jusqu'au prochain. A quoi bon un comité de professionnels de la profession chargé de superviser les amateurs, si les experts des experts ne sont pas plus capables qu'eux de hiérarchiser l'information ? ».

 

Conclusion : la pratique excessive du blog n'est peut-être pas la meilleure des choses, même pour les plus grands esprits de notre temps.

 

Commentaire

Comme je l'ai indiqué sur la page L'affaire Dreyfus de Wikipédia, cet article a amené une réaction immédiate explicite d'un contributeur (qui évoquait « les remarques judicieuses de Pierre Assouline ») ; elle a été suivie rapidement de plusieurs autres ; la page a ensuite été l'objet de transformations profondes au cours des premiers mois de 2007. Pierre Assouline a donc contribué à ce qu'on peut considérer comme une amélioration de Wikipédia ; il est dommage qu'il ait cru nécessaire d'entourer sa critique portant, à juste titre, sur un point précis d'une rhétorique de dénonciation qui n'était nullement nécessaire et qui était en grande partie injuste.

 

 

* Articles du blog consacrés à Wikipédia

 

1) Diderot ne méritait pas ça (17 mars 2007)

Le journal espagnol El Pais ayant consacré le 16 mars un article intitulé « La Wikipedia del siglo XVIII » à un ouvrage* de l'historien Philip Blom, spécialiste de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Pierre Assouline fait semblant de s'indigner : « Un jour ou l'autre, cela devait arriver. », mais il est un peu gêné, car El Pais est « un journal excellent au demeurant », et de surcroît, c'est l'historien lui-même qui est à l'origine de cette « comparaison absurde entre l'encyclopédie interactive dans laquelle anonymement n'importe qui écrit n'importe quoi le dernier qui a parlé ayant raison jusqu'au prochain, et l'entreprise intellectuelle lancée par Diderot avec au départ une vingtaine de collaborateurs qui deviendront une centaine d'écrivains, de philosophes, de scientifiques, d'économistes. Le seul point commun entre les deux projets : la dimension collaborative. ». Il donne cependant les arguments de Blom : « Dans les deux on trouve des articles écrits par de grands penseurs à côté de choses plus triviales... Dans les deux, le meilleur cotoie le pire... Et les deux sont apparus à un moment de l'histoire où la connaissance était fragmentée ». Pierre Assouline conclut tout de même : « On cherche encore les Condillac, Helvétius, Voltaire, Turgot, Quesnay, Marmontel, Rousseau, Montesquieu, Buffon, d'Holbach, Dumarsais, Morellet, d'Alembert, La Chapelle, Daubenton de Wikipédia. »

Commentaire : Un article plutôt modéré relativement à ce qui va suivre au cours de l'année 2007.

 

*Philip Blom, Enlightening the World. Encyclopédie, The Book That Changed the Course of History. New York, Houndmills ; Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2005. xiii + 372 pp. [ISBN 1-4039-6895-0]. Traduction en espagnol : Encyclopédie, El triunfo de la razón en tiempos modernos, Anagrama, 2007.


2) Tous les wikipédiens ne sont pas désintéressés (15 août 2007)

Cet article évoque la création par Virgil Griffith du site Wikiscanner, qui permet d'identifier l'origine d'une intervention sous IP : pour dire les choses simplement, c'est « du comparatisme appliqué à la signature électronique ». Cette « invention permet des confirmations plutôt que des révélations, elle autorise désormais preuves à l'appui à affirmer que nombre de sociétés et de personnalités rédigent, réécrivent, manipulent, censurent les notices les concernant . Il en fait la démonstration avec le Parti Républicain, la CIA, Fox TVnews, des parlementaires entre autres ». « Il est clair que ce scanner dénonce la désinformation à l'oeuvre, mais il sera vite récupéré par les wikipédiens, lesquels le loueront comme étant l'instrument idéal pour améliorer leur projet alors qu'il en pointe la faiblesse congénitale. Soyez rassurés, "on" ne va pas tarder à vous expliquer que Wikipédia se félicite qu'on l'aide ainsi à susciter ses propres garde-fous, à être plus vigilante, à développer l'esprit critique à son endroit, à ne pas l'utiliser comme source unique etc ».
Commentaire : pourquoi tant de procès d'intentions ? Cool, Pierrot, cool !

 

3) La fiabilité de Wikipédia en question (18 octobre 2007)

Cet article annonce un colloque consacré à Wikipédia et organisé par Wikimédia-France. Ce colloque vise (selon Pierre Assouline) à rendre Wikipédia attractif pour les spécialistes et à rendre l'encyclopédie plus fiable. Il met cet objectif en relation avec une baisse des contributions sur la version anglophone et énumère les raisons de cette évolution : « ce ralentissement s'expliquerait par le fait que Wikipédia aurait atteint un seul maximum de quantité d'articles et qu'elle s'attacherait désormais à leur qualité ; par une croissance orientée vers des langues moins connues ;  par un découragement des contributeurs dû à un contrôle accru des articles ; par les conflits internes de plus en plus nombreux ; par l'institutionnalisation des administrateurs en webureaucrates; par l'élimination de sujets considérés comme mineurs au profit de sujets intéressant le plus grand nombre ; par la banalisation d'un phénomène qui était exceptionnel ; et par les querelles répétées sur la fiabilité du contenu ».

Il annonce une émission sur France Culture le lendemain (Place de la Toile).

 

Commentaire : le titre ne rend pas vraiment rendre de l'article : la question de la fiabilité est évoquée de façon marginale. Il lui donne une tonalité plus négative qu'elle n'est réellement.

 

 

4) De l’irresponsabilité de Wikipedia (2 novembre 2007)

Cet article est consacré à un procès intenté à Wikimédia (la fondation américaine et non pas Wikimédia-France, ni bien entendu Wikipédia, qui n'est pas une personne morale) par trois plaignants et dont l'issue (ordonnance du 29 octobre, TGI de la Seine) a été favorable à Wikimédia, considéré comme hébergeur et non comme éditeur.

Pierre Assouline exprime ses préoccupations devant cette décision judiciaire qu'il réprouve : « On savait que l'internet demeurait pour l'essentiel une zone de non-droit : on découvre aujourd'hui que la justice non seulement le permet mais l'encourage si l'on croit l'ordonnance de référé que vient de rendre le tribunal de grande instance de Paris, créant ainsi une jurisprudence dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences ». Le ton légèrement vulgaire qu'il affecte aboutit à des effets comiques certainement involontaires : « Les trois plaignants qui réclamaient 68 000 euros au motif que leur vie privée avait été exposée urbi et orbi à des millions de lecteurs peuvent aller se rhabiller », recommandation d'autant plus appropriée qu'il s'agit d'une affaire portant sur leur vie sexuelle...

Pierre Assouline déplore une inégalité de traitement : « dans un média traditionnel (journal, radio, télévision), une telle "information" ferait aussitôt encourir à son auteur les foudres de la justice avec condamnation et lourde amende à la clef » « si elle [...] avait été [publiée] dans les pages d'une revue à quelques dizaines de milliers de personnes, ladite revue aurait été lourdement condamnée ». En l'occurrence, les plaignants demandaient 68 000 euros de dédommagement. 

Son point de vue n'est du reste pas dépourvu de fondement, mais il l'exprime avec une telle exaspération et une telle demande de répression qu'il le rend peu convaincant. Il s'agit tout de même d'une décision de justice, or il fait comme si le juge était manifestement du côté de Wikipédia.

 

L'affaire est traitée de façon moins hystérique, malgré son titre, dans un article du Monde : Stéphane Foucart, « Wikipédia, ni coupable ni responsable » . En ce qui concerne les informations incriminées, il semble qu'elles aient été retirées de la page en coursavant le procès et l'aient aussi été des pages d'historique (l'article n'est pas clair sur ce point). Il s'agit du premier cas de procès intenté en France en relation avec Wikipédia.

 

J'emploie le terme hystérique pour deux raisons : 

1) pour faire un peu enrager Pierre Assouline (c'est ce qu'on appelle une provocation), qui se la joue un peu trop Superblogueur, alors qu'il se borne à émettre des opinions finalement pas si intéressantes que cela, et qui gagnerait à devenir un peu plus Superblagueur ;

2) pour indiquer qu'il ne traite pas le sujet de façon rationnelle. Rationnellement, il aurait dû écrire : "Tel jugement a été rendu ; je ne suis pas d'accord pour telles et telles raisons", sans laisser paraître le sentiment d'impuissance rageuse qui l'anime.

 

 

Complément : L'analyse du procès par Maître Eolas

Sur le plan juridique, le référé du 29 octobre fait l'objet d'un billet de maître Eolas qui permet d'accéder au jugement lui-même. Maître Eolas évoque aussi un éditorial du Monde (autre que l'article ci-dessus) dont le lien n'est plus opérationnel. Surtout, il explique clairement ce qu'est un jugement en référé (plainte le 6 octobre, jugement le 29), qui n'est pas un jugement sur le fond.

 

Pierre Assouline ne semble pas non plus avoir compris la différence, estimant anormal qu'au bout de 3 semaines, le juge n'accepte pas la demande des plaignants de 68 000 euros.

 

L'avocat explique aussi la loi de 2004 sur la confiance dans l'économie numérique (LCEN) qui régit la publication sur Internet, la loi de 1881 sur la presse n'étant pas ici directement applicable  ; en l'occurrence, la loi de 2004 n'autorise ni la diffamation ni l'atteinte à la vie privée sur Internet, comme l'explicite un commentateur :

« Le fonctionnement de Wikimedia n'exclut le droit de la presse que pour ce qui concerne les exigences liées à l'organisation de la publication.

Mais les chapitre IV et V de la loi de 1881 lui sont applicables, comme en dispose l'article 6 de la LCEN par renvoi exprès.

Ceci pour dire que les sites internet [...] ne peuvent diffamer ou injurier : c'est du droit de la presse ; ni d'ailleurs porter atteinte au droit au respect de la vie privée (il ne s'agit pas là de la loi de 1881). » 

L'hébergeur est tenu pour responsable, à partir du moment où il est prévenu d'un risque d'incrimination, ce qui légalement suppose un courrier avec accusé de réception : soit il retire les propos incriminables dans un délai rapide, soit il s'expose à un procès. En tout état de cause, au moment du procès en référé, Wikimédia avait éliminé toute trace du texte incriminé de l'historique de la page, ce qui  rendait le procès inutile sur ce point.

 

Lorsque Pierre Assouline écrit en commençant son article : « Qu'on se le dise : il est permis de diffamer ou de calomnier nommément un individu en violant le secret de sa vie privée, à commencer par ses tendances sexuelles, sans aucun risque sur Wikipédia », il amalgame deux choses : 

- la responsabilité de l'éditeur (celui qui a écrit les propos incriminés), qui pourrait être astreint à des dommages et intérêts (voire pire ?), au terme d'un procès sur le fond ;

- la responsabilité de l'hébergeur, qui est tenu juridiquement de supprimer totalement des propos diffamatoires, etc., à la demande d'un juge, en référé ou sur le fond.

 

Il est vrai qu'un contributeur peut placer des propos diffamatoires sur Wikipédia ; il est vrai que le diffamateur peut échapper à toute sanction, s'il réussit à rester anonyme ou si les plaignants ne demandent finalement pas de poursuites sur le fond (cf. l'affaire Seigenthaler, où le diffamateur ayant été identifié, John Seigenthaler a renoncé aux poursuites), mais on ne peut pas dire qu'il n'y ait aucun risque pour lui ; il n'est pas vrai que les propos diffamatoires puissent en toute légalité rester indéfiniment sur Wikipédia (responsabilité juridique de l'hébergeur).

 

Qu'on se le dise ! 

 

* La préface de La Révolution Wikipédia (octobre 2007)

Voir la page consacrée à cette préface,  sommet de la production antiwikipédienne de Pierre Assouline, beaucoup plus catégoriquement hostile que le livre lui-même.

 

* « Entretien avec Pierre Assouline », dans Le Débat (janvier-février 2008)

Cet entretien fait le pendant d'un article de Christian Vandendorpe, plutôt favorable à Wikipédia.

Dans cet entretien, Pierre Assouline reprend les éléments de son argumentaire de l'époque : Albert Londres, Alexandre Soljénitsyne, ses relations avec les étudiants de Sciences Po', la genèse et la réalisation de La Révolution Wikipédia, les bidouillages. 

 Le fait essentiel et remarquable est la différence de ton entre la préface et cet entretien : alors qu'il accentuait dans la première l'hostilité et le mépris envers Wikipédia, il s'exprime ici de façon relativement neutre, policée, plus argumentée et moins vindicative. On pourrait presque parler de double langage : il apparaît clairement qu'il s'est permis dans la préface des choses qu'il sait ne pas être acceptables devant un auditoire qui n'est pas nécessairement acquis à son point de vue.

 

 

* Articles du blog évoquant Wikipédia en passant

 

Wikipédia est évoquée de temps à autre dans le blog, mais pas aussi souvent qu’on l’imaginerait : une fois en 2006, 3 en 2007, 5 en 2008, 2 en 2009, 2 en 2010, 3 en 2011, 1 (pour le moment) en 2012.

Je donne en annexe (ci-dessous) des extraits des pages concernées, avec éventuellement des commentaires faits par des internautes. Noter en particulier celui d'un contributeur : « C’est marrant la capacité qu’a Passou de raccrocher Wikipédia à chacun de ses coups de gueule. ») ; on trouve même sous la plume de Pierre Assouline une appréciation catégoriquement positive : « N’est pas Karl Kraus qui veut (pour une fois, la notice Wikipédia est excellente) » !

 

 

19 mai 2006 Ce qui menace le poème
Sujet : le Dictionnaire de la poésie de Jacques Charpentreau.

 
« Post-Scriptum : Wikipédia fait mourir Jacques Charpentreau en 1987. Or, j'ai bien vérifié, son livre est de 2006, sa notice biographique est écrite au présent de l'indicatif et la dédicace ne semble pas être d'un imitateur... »


08 février 2007 Google en mission pour l’Amérique
Sujet : deux livres sur Google, Daniel Ichbiah Comment Google mangera le monde et Barbara Cassin Google-moi. La deuxième mission de l'Amérique.


« La Toile a déjà ses vaches sacrées. Wikipédia et Google sont les plus distinguées. Dès qu'on touche à un poil de l'une de ces toutes puissantes génisses, la communauté virtuelle se met aussitôt en branle et forme le carré pour les protéger. J'en ai récemment fait l'expérience avec l'affaire Wikipédia. Vade retro, Satana ! Pourrait-on parler calmement de Google ? On peut -et si l'on ne peut pas, on se passera de l'autorisation. »



28 juin 2007 Fainéantisation de l’écrivain par l’algorithme

« Ce journaliste-écrivain britannique, dont le deuxième roman paraît à la fin de l'année, a honte de l'avouer mais il l'avoue quand même, et en public puisque c'est sur son blog : avant, lorsqu'un romancier devait se documenter, il n'hésitait pas à consacrer des mois à la recherche en bibliothèque et à l'enquête sur le terrain ; désormais, quelques clics lui suffisent et le moteur lui apporte des précisions sur un plateau, Wikipédia en tête. Myers le reconnaît : il a renoncé à se rendre dans un petit village de Roumanie où se situe en partie l'intrigue de son prochain roman, car l'internet a favorisé sa paresse. »



29 juillet 2007 L’Antéchrist de la Silicon Valley
Sujet : le livre d'Andrew Keen, The Cult of the Amateur.


« Voilà ce qu'on trouve dans un brûlot qui fait un certain bruit sur la Toile The Cult of the amateur d'Andrew Keen, le genre de type qu'on adore haïr et qui se présente, restons modeste, comme "l'Antéchrist de la Silicon Valley".
Il ne se bat pas contre un moulin à vent mais contre un dragon : le Web 2.0 vu comme un avatar de la culture hippie avec son altruisme radical (et accessoirement contre Second life, le casino en ligne, le piratage, la négation du droit d'auteur, les critiques d'Amazon, mais principalement contre Wikipédia coupable de croire en "la sagesse de la foule et du nombre"). Il voit dans le monstre proliférant la mort des grands médias traditionnels et, par conséquent, le triomphe des amateurs sur les cadavres des professionnels.»


10 janvier 2008 Allez tous vous faire facebooker !
Sujet : l'entrée dans le dictionnaire Collins de Facebook, mais aussi du verbe to facebook (chercher le profil de quelqu'un sur Facebook).

 

« Rien n’est facile comme de repérer dans un dîner celui qui a eu juste avant le mauvais goût de concocter des fiches Wikipédia sur chacun des convives : c’est généralement le seul capable de vous sortir un détail de votre biographie, si infime, si futile et si ancien que vous l’avez vous même oublié ! Dans ces moments là, vous le zappez au mépris des règles élémentaires de la conversation, avant de l’envoyer se faire facebooker. »

Commentaire
« ça pouvait pas manquer, fallait qu’il en profite pour taper sur Wikipédia.

Au fait, j’ai rien compris à sa phrase. Concocter signifie qu’on écrit les fiches. Ce n’est pas parce qu’on écrit une fiche sur Wikipédia qu’on va apprendre des détails sur une personne qu’on ignorait avant de les écrire. Reste aussi que je suis curieux de découvrir quelqu’un de cinglé au point d’écrire sur Wikipédia une fiche sur chacun des convives. Les fiches risquent d’être effacées rapidement. »
Rédigé par : Axonn | le 10 janvier 2008 à 20:04 | | Alerter |


17 janvier 2008 www.borgesavaittoutprévu

Sujet : le livre de Perla Sasson-Henry, Borges 2.0 : from text to virtual words

 

« [Borges] apparaitrait désormais comme le père du world wide web. C'est expliqué notamment par l'universitaire Perla Sasson-Henry [...] qui établit un rapport entre Youtube, les blogs, Wikipédia et certains textes de Borges au motif que "le lecteur y participe activement "(!), et c'est repris dans Cy-Borges qui doit paraître bientôt aux Etats-Unis.


Le New York Times, qui consacre un article au phénomène, publie des extraits de l'oeuvre de Borges (notamment de Fictions, 1944) qui se veulent signficatifs lorsqu'ils sont rapprochés de l'internet. Pour Wikipédia, allez voir ce qui est dit de l'encyclopédie infinie dans Tlön, Uqbar, Orbis Tertius (1940); pour ce qui est du blog et de l'archivage permanent, c'est déjà dans Funes el memorioso (1942); pour le projet de bibliothèque universelle cher à Google, il faut voir naturellement du côté de La bibliothèque de Babel (1941). »


26 février 2008 Toute la Catalogne en ligne
Sujet : la mise en ligne de la Gran Enciclopedia Catalana 

 

« Une pierre dans le jardin de Wikipédia ? On verra bien. En attendant, il faut savoir gré à l'encyclopédie interactive d'avoir réussi à bousculer ses aînées. Elle les force à se remettre en question. Le groupe éditant la fameuse et historique Gran Enciclopèdia Catalana vient en effet d'annoncer qu'il en mettait gratuitement le contenu (bientôt 350 000 entrées) en ligne sur le site enciclopedia.cat. »


08 octobre 2008 Mort d’un encyclopédiste
 Sujet : la mort de Dominique Frémy, créateur du Quid (1963).

 

« La disparition de l'homme et celle de son oeuvre sont à peu près concomitantes. L'oeuvre d'une vie. Car ces derniers temps, la diffusion du Quid ? s'effondrait, jusqu'au coup de grâce avec l'arrêt de la campagne publicitaire sur les ondes, consécutif au lâchage de son éditeur historique, les coûts étant trop importants par rapport aux ventes. Il n'y a donc pas eu d'édition 2008. Il fut dit que c'était la faute d'Internet, entendez : la concurrence de Wikipédia. Car Dominique Frémy était de la rare famille des encyclopédistes. Une corporation minuscule et précieuse dont on se demande ce qu'il restera au XXIème siècle. »


30 novembre 2008 Les réserves de Darnton sur Google
 Sujet : la création du magazine Books par Olivier Postel-Vinay. 

 

« Il y a à boire et à manger dans le site doublé d'un magazine papier ( à moins que ce ne soit l'inverse) qu'Olivier Postel-Vinay et son équipe viennent de lancer sous le titre (malheureux) de Books. Qu'importe, ils entendent "éclairer l'actualité à travers les livres parus à travers la planète" et cela seul compte. Outre une puissante philippique de l'intellectuel mexicano-américain Illan Stavans déplorant la cécité espagnole face aux avancées du spanglish, et une salutaire rubrique mettant régulièrement les notices de Wikipédia "sur le grill" à commencer par celle consacrée à Colbert habilement démontée par l'historien Joël Cornette, j'ai retenu de ce riche sommaire un passionnant entretien avec l'historien des Lumières Robert Darnton. »
Robert Darnton est le directeur de la bibliothèque de l'université Harvard.
 

 

Commentaires
« Merci à Google de m’avoir numérisé l’ouvrage d’un Italien écrit en 1610 et traduit en français en 1685 et dont l’original était dans une bibliothèque américaine….

Et merci à passou pour le lien vers Books dont le nom me semble très parlant et pas du tout malencontreux. J’apprécie beaucoup le wikipedia sur le grill. La critique de Joël Cornette est tout à fait pertinente et aussi agréable à lire que ses ouvrages, mais il ne faudrait tout de même pas oublier que wikipedia est censé(e?) s’adresser au « grand public » et que globalement ses articles sont satisfaisants pour une première approche. (je sais, passou, vous n’aimez pas !)

Les critiques adressées par des historiens ne sont pas pires que les critiques que les historiens s’adressent entre eux (quand ce ne sont pas des invectives !) Souvenez-vous d’Aristote au Mont-Saint-Michel ! »
Rédigé par : zerbinette | le 30 novembre 2008 à 21:51 | | Alerter |

« Google ne m’effraie pas, ce qui m’effraie est l’usage, il est cependant vrai qu’un lecteur superficiel le sera sur Google comme sur le support papier ; toutefois taper un nom est moins impliquant que sortir de chez soi, aller chez le libraire ou à la bibliothèque, demander le livre, le payer ou l’emprunter, rentrer à la maison et le lire. Ce “moins” se traduit souvent par un manque de considération et parfois par une surévaluation pour la chose lue.
Par contre Wiki a un côté effrayant car un vrai contrôle scientifique manque, et ce manque, fait de cette tentative d’encyclopédie, le lieu où la superficialité s’exprime.
Vous pensez juste : Giorgio Agamben est loin d’être un imbécile. »
Rédigé par : Renato | le 01 décembre 2008 à 10:36 | | Alerter |


4 avril 2009 La bande à Robert joue gros
Sujet : la mise en ligne sur abonnement des dictionnaires Le Robert


« Quel télescopage ! Significatif ? Probablement. N'empêche qu'au moment même où Microsoft annonçait qu'il mettait un terme définitif à Encarta, son expérience malheureuse d'encyclopédie payante en ligne (Wikipédia l'a tuer), Le Robert annonçait, lui, la mise en ligne de ses dictionnaires les plus usuels (Le Petit Robert, Le Grand Robert et le Grand Robert & Collins). » 

 

Noter le trait d'humour : Wikipédia l'a tuer, qui est d'un haut niveau dans la complexité (Wikipédia = le triomphe de l'illettrisme).


25 juin 2009 Plagie-t-on ce qui est libre, anonyme et gratuit ?
Sujet : affaire de plagiat dans Wikipédia concernant Chris Anderson, le rédacteur en chef de Wired
 

 

« il a en effet largement emprunté à Wikipédia sans citer ses sources, selon The Virginia Quarterly Review qui [...] avait reçu les épreuves. On peut discuter à loisir pour savoir si une encyclopédie collaborative, où les articles sont anonymes par définition, est vraiment une source au sens où l'entendent généralement les historiens.  Mais enfin, du copier-coller à grande échelle de textes que l'on n'a pas écrits, cela fait désordre.

"Mea culpa" a-t-il reconnu en évoquant un pataquès entre lui et son éditeur sur la manière de citer Wikipédia.

[...] Ce serait l'occasion de poser également la question du droit d'auteur sans auteur, et de ce qu'il advient alors de la notion de plagiat ou, plus précisément, de "contrafaçon totale ou partielle". Cela dit, ce n'est pas la première fois qu'un essayiste se voit reprocher d'avoir largement emprunté mot à mot à Wikipédia, erreurs comprises, sans en faire état. Et oui, il n'y a pas que les étudiants...»

 

Pierre Assouline se complaït dans un certaine confusion : il paraît évident que Wikipédia n'est pas une « source au sens où l'entendent généralement les historiens » (le concept adéquat est plutôt celui de référence autorisée). En ce qui concerne le plagiat, copier Wikipédia n'a aucune implication financière, il est donc peu probable qu'il y ait jamais de procès pour ce motif. Mais le droit d'auteur a aussi un aspect éthique ou déontologique : personne n'est autorisé a priori à se proclamer auteur d'un texte écrit par un autre ou par d'autres, même inconnus.

 

Commentaires

Je vois que les rumeurs ont la vie dure… Non, sur Wikipédia, les auteurs ne sont pas anonymes, vous les trouvez sur l’onglet « historique » de chaque article. Et non également, les droits d’auteurs s’appliquent bien sur l’encyclopédie Wikipédia, sous la forme d’une licence libre, mais cela reste du droit d’auteur.
Rédigé par : Droop | le 25 juin 2009 à 19:25 | | Alerter |

Et en quoi l’éventuelle réponse « non » à la question de savoir si Wikipedia « est vraiment une source au sens où l’entendent généralement les historiens » (ce qui veut dire quoi au juste ? question de fiabilité ?) dispenserait-elle Chris Anderson de mentionner la source, c’est-à-dire l’origine, de ses informations et de son texte ?
Rédigé par : Fred-h- | le 25 juin 2009 à 19:56 | | Alerter |

Le terme de libre est un peu trompeur: il ne signifie pas qu’on peut faire ce qu’on veut, mais que le texte est protégé par une série de licences qui portent le nom de « libres ». Celle-ci définissent ce qu’on peut faire ou pas avec le texte concerné. Avec les licences libres, en résumé, il est possible de réutiliser le texte n’importe où et n’importe quand sans devoir rémunérer le ou les auteurs, moyennant toutefois un certain nombre de conditions, la principale étant l’obligation de citer la source. Ne pas le faire est un délit ou une contravention, et un organisme représentant les auteurs du texte concerné (par exemple ici la fondation Wikimedia) serait en droit de porter plainte.
Rédigé par : Guil | le 25 juin 2009 à 21:49 | | Alerter |

La conclusion est simple si les parties de wikipedia ne sont pas de petits bouts assimilables à des citations, son livre est maintenant sous GNU (GFDL) redistribuable librement…
Rédigé par : anonyme | le 26 juin 2009 à 01:05 | | Alerter |

Au niveau du droit d’auteur, l’anonymat d’un texte consiste à ignorer qui en est l’auteur. Dans Wikipédia, il y a des auteurs, quand bien même ils n’écrivent pas sous leurs vrais noms. Beaucoup d’écrivains ont écrit sous pseudos, on en a pas déduit qu’il est était légal de les plagier…
Rédigé par : toto | le 26 juin 2009 à 20:02 | | Alerter |


26 février 2010 Du nouveau sur Descartes

« Les spécialistes de Descartes connaissaient l'existence de cette missive de quatre pages rédigée en français mais nul n'en savait le contenu. Ils le découvriront en juin, lorsque le chercheur en fera la communication lors d'une séance à l'Institut, à Paris ; mais il n'est pas prévu qu'il vienne avec l'original... Peut-être que ce jour-là, la guerre se rallumera autour de Descartes. Quelle guerre ? Mais "la guerre d'édition", pardi, ainsi qu'on la nomme sur l'imposante notice "Descartes" de Wikipédia qui a dû restreindre l'accès en raison de la violence du conflit. Tout ceci pour vous dire que je me réjouis que cette découverte témoigne, une fois de plus, de ce que la notion de "biographie définitive", chère aux Anglais et aux Américains, est un non-sens. »


08 septembre 2010 Prix : ouverture de la chasse


« Michel Houellebecq devrait l'emporter sans surprise, comme prévu, situation qui mérite notre compassion car, comme le souligne son éditrice Teresa Crémisi : "Rien n'est plus difficile que d'être un Goncourt annoncé". Rien, c'est vrai, si ce n'est peut-être, tout de même, de ne pas l'être, et de publier un bon roman dans l'indifférence générale, écrasé par les poids lourds.

Les récentes révélations de Slate sur les soupçons de plagiat de Wikipédia (notion qui n'a pas de sens car l'encyclopédie interactive n'est pas un auteur ni même une source) ont dû faire sourire les jurés qui, de toute façon, n'ont pas l'internet.

Nous ignorons si le romancier Eric Chevillard s'est senti visé pour avoir osé émettre sur son blog L'autofictif sa pensée du jour à rebours de la doxa ambiante :

"Symptôme de l’époque et son plus pur produit – comme du citron le jus de citron –, il était normal que la prose de Houellebecq se confonde finalement sans rupture ni suture avec l’encyclopédie collective Wikipédia, synthèse apaisée de nos pinaillages individuels – l’abolition de la littérature (excessivement subjective, essentiellement vaniteuse) au profit d’un texte neutre, sans qualités, écho fidèle de la rumeur ambiante. »


Commentaire
Wikipédia n’a rien de neutre et n’est pas moins subjectif que Houellebecq. La preuve en est l’usage différent selon les pays, la censure de Wikipédia dans les pays qui estiment que ce machin véhicule l’impérialisme occidental, ou encore la méfiance exprimée fréquemment en France dans la presse vis-à-vis de la valeur scientifique de cet outil.
S’il y a bien un truc vrai que Claude Allègre véhicule, c’est que la science n’a rien à voir avec le consensus et la neutralité exprimés par Wikipédia. Le consensus est politique mais pas scientifique ou artistique.
Le rapport entre Wikipédia et Houellebecq est qu’ils se fondent largement sur le galimatia scientifique, mais ce que la prose de Houellebecq exprime d’abord, c’est une profonde religiosité ; au point qu’on peut se demander si les écrivains obsédés par leur mère sont capables d’autre chose.
Rédigé par : Bardamor | le 08 septembre 2010 à 15:38 | | Alerter |


27 août 2011 La chasse au Scaron est ouverte
Sujet : l'affaire de plagiat de Joseph Macé-Scaron dans son livre Ticket d'entrée.

« Dans la brève notice biographique de Joseph Macé-Scaron sur Wikipédia, l’affaire occupe déjà quatre lignes, espace disproportionné. »

 

Le 27 août 2011, la biographie (sans les notes, liste d'ouvrage, etc.) de JMS comprenait 1961 caractères, dont 535 consacrés aux questions de plagiat et 315 à l'affaire Ticket d'entrée. A l'heure actuelle (18 avril 2012), elle en comprend

 2816 dont 845 sont consacrés aux questions de plagiat. A chacun de juger si c'est « disproportionné ». Par ailleurs, à partir du moment où on évoque la question du plagiat, il paraît nécessaire d'entrer dans les détails, sinon ce serait une accusation vague, encore plus répréhensible. Mais faut-il faire le silence complet ? Le problème est que les autres éléments biographiques ne sont pas assez développés, en partie faute de documentation.

Commentaire
C’est marrant la capacité qu’a Passou de raccrocher Wikipédia à chacun de ses coups de gueule. Faudrat ptêt évoluer sur la question. Désormais, nombre d’institutions françaises ont conclu des partenariats avec l’encyclopédie collaborative (Château de Versailles, mairie de Toulouse, BNF…). Elle est devenue un acteur social incontournable. Inversement, l’on ne peut pas dire que l’étude anti-wiki de 2007 de Passou et de ses étudiants de science po soit restée gravée dans les mémoires…
Rédigé par : Alexander Doria | le 27 août 2011 à 18:19 | | Alerter |


30 septembre 2011 La lutte-des-classes-dans-l’édition pour les nuls
Sujet : une conférence de Thierry Discepolo, auteur de La Trahison des éditeurs.

« N’est pas Karl Kraus qui veut (pour une fois, la notice Wikipédia est excellente). A l’écrit comme à l’oral. Les sectateurs du grand pamphlétaire viennois (1874-1936) devront s’y faire : cela ne s’imite pas, surtout si l’on n’est pas soi-même traversé par une indignation radicale doublée d’une exigence éthique qui repose sur un vrai travail de la langue. Avec Thierry Discepolo, qui en a fait son maître, on en est loin. »

Voir la page de blog Rubrique culture, à propos de la formule la notice Wikipédia est excellente


8 décembre 2011 Réponse à « Haaretz » et à quelques autres
Sujet : polémique entre Pierre Assouline et plusieurs organismes dont le journal Haaretz ; au cours des « Rencontres méditerranéennes » (début décembre 2011), Pierre Assouline, animateur régulier de cet événement aurait exclu d'un débat l'écrivain israélien Moshe Sakal à la demande des participants arabes. Dans son article, il fait l'historique des rencontres afin de démontrer qu'il n'y a eu aucune exclusion de ce genre, contrairement à ce que propage une « sale rumeur ».


« Il se trouve qu’elle me dépasse largement pour avoir partie liée avec le vieux débat sur la disputatio entre intellectuels mais replacé dans le contexte légèrement crispé du conflit israélo-arabe, et qu’elle a été lancée à partir d’un tissu de désinformation noué, volontairement ou pas selon les medias, par des erreurs (confondre Ecrimed avec Acrimed, franchement...), des approximations, des contre-vérités lorsque ce ne fut par des mensonges manifestes. Mélangez le tout, secouez, servez frais sur la Toile et la dite rumeur, menaçant de se retrouver bientôt sur votre fiche Wikipédia à un niveau aussi important que vos études ou vos œuvres complètes, votre compte est bon pour un certain nombre d’années. »

 

Commentaires
C’est amusant ça. Alors même que la rumeur est colportée par le journal papier Haaretz vous ne pouvez quand même pas vous empêcher d’envoyer une pique complètement injustifiée à l’encontre de Wikipédia.
Décidément c’est une obsession.
Rédigé par : egan | le 08 décembre 2011 à 22:09 | | Alerter |

Votre discours est : « les journalistes vérifient et sont sérieux, contrairement à Wikipédia » et à présent : « lorsque les journalistes ne sont pas sérieux, c’est que ça vient de Wikipédia, et si ce n’est Wikipédia, c’est que ça s’y trouvera, ou que ça aurait pu s’y trouver ».
Amusant, mais vous gagneriez à faire preuve d’un peu plus d’honnêteté intellectuelle (même s’il est vrai que les fixations, même bêtes et injustes, ont la vertu de permettre qu’on creuse le sujet et, éventuellement, qu’on démêle le vrai du faux).
À part ça, l’histoire que vous racontez est navrante, bien évidemment, et plus les soutiens d’Israël recourront au chantage intellectuel, à l’intimidation et à la rumeur, et plus sûrement ils creuseront la tombe d’un jeune pays dont on aura de plus en plus de mal à croire qu’il a été une belle utopie.
Rédigé par : Blogueur Influent | le 10 décembre 2011 à 21:12 | | Alerter |

 

03 mars 2012 Le vieil homme et l’amer
Sujets : la publication numérique par François Bon d'une traduction du Vieil Homme et la mer, alors que l'oeuvre n'est pas encore dans le domaine public ; le colloque de Régis Debray et Louise Merzeau sur « La copie, mode d'emploi » (9-14 avril 2012)


« Ce séminaire privé verra des personnalités telles que l’essayiste Jean Clair, le patron du CNL Jean-François Colosimo, l’éditeur Antoine Gallimard, le directeur de Wikipédia-France et quelques autres débattre de ce que le numérique a changé dans les mentalités et dans l’état du droit. »

 

On peut supposer que « le directeur de Wikipédia-France » est Rémi Mathis, président de Wikimédia-France. Cette mention de Wikipédia totalement factuelle (quoique inexacte), sans le moindre commentaire, est, de la part de Pierre Assouline, intéressante à noter.