La Révolution Wikipédia : le livre

Références

Pierre Gourdain, Florence O’Kelly, Béatrice Roman-Amat, Delphine Soulas, Tassilo von Droste zu Hülshoff, La Révolution Wikipédia – Les encyclopédies vont-elles mourir ?, Mille et une nuits, 2007, 142 p. Préface de Pierre Assouline. [ISBN 9782755500516].

 

 

Sommaire de la page

Les auteurs

Présentation générale

Présentation formelle (table des matières, index, bibliographie)

Résumé linéaire (à venir)

Analyses (à venir)

 

 

Les auteurs 

Il s'agit de cinq étudiants de l’IEP de Paris, élèves notamment de Pierre Assouline en 2006-2007 ; la page de remerciements du livre indique que « cet ouvrage est à l'origine une enquête journalistique réalisée dans le cadre du master de l'"Ecole de jounalisme" de l'Institut d'études politiques de Paris durant l'été 2007.» .

 

Pierre Gourdain a participé en 2009 à un colloque de l'université de Poitiers : Wikipédia et les encyclopédies collaboratives : censurer ou former ? (son intervention) . Source : Google Search.     

 

Florence O'Kelly est originaire de Tahiti et, après ses études (licence d'histoire et de sociologie, école de journalisme de l'IEP de Paris), est retournée y travailler,  notamment à Tahiti Nui Télévision (TNTV), au moins de 2008 à début 2011 (cf. Interview sur le site Tahiti Herald Tribune du 13 avril 2008). Le nom irlandais de Florence O'Kelly n'est pas totalement surprenant à Tahiti, où plusieurs familles britanniques se sont installées avant que la France établisse son protectorat dans les années 1840. Source : Google Search.

Elle est parfois désignée comme "Florence O'Kelly-Laurent", suite à son mariage, le 13 juillet 2009 à Quimper, avec Alexandre Laurent (ce mariage est la première réponse de Google à la requête Florence O'Kelly). 

 

Béatrice Roman-Amat a fait ses études supérieures à l’IEP de Paris (2003-2007) puis travaillé notamment au quotidien L’Est Républicain (2008) et à l’AFP (emploi actuel) après avoir obtenu en 2009 la bourse AFP « Jeunes professionnels ».  

Elle est l’auteur d’un reportage sur un mouvement de paysans sans terre indiens (http://namaskar.over-blog.net) et a collaboré aux guides du Petit Futé « Inde du Nord » et « Inde du Sud ». Source : profil Viadéo.

 

Delphine Soulas (1982)  a fait ses études à Rennes (lycée Descartes, lycée Châteaubriand, IEP de Rennes) puis a suivi le cours de journalisme de l’IEP de Paris de 2005 à 2007, avec un semestre à l'école de journalisme de l'université du Missouri. Elle a travaillé pour le Washington Times pendant ses études, et depuis 2007, à Presse-News, et TF1 news ; elle est actuellement journaliste à Stratégies. Source : profils Viadéo et Copains d'avant.

Outre sa participation à LRW, elle a écrit un livre sur Facebook : 

Olivier Levard, Delphine Soulas, Facebook, mes amis, mes amours, des emmerdes ! La vérité sur les réseaux sociaux, Paris, Michalon éd., 2010, 190 p. [ISBN 978-2-84186-517-8]

 

Tassilo von Droste zu Hülshoff est issu d'une famille allemande de Westphalie. La requête de son nom sur Google renvoie, outre l'ouvrage LRW, à un article de Die Zeit de 2007 et à plusieurs pages du guide Le Petit Futé (listes de membres de l'équipe). Source : Google Search.

 

Présentation générale

 

Bien qu’il tienne largement compte du point de vue hostile exprimé dans la préface, l'ouvrage s’en sépare sur un point essentiel. On retrouve les critiques du système wiki (erreurs, hoax, intrusions suspectes, etc.), mais de la formule : « puisque Wikipédia existe, il faut faire avec… », les auteurs tirent des conclusions différentes : tandis que Pierre Assouline refuse toute compromission, ils envisagent de façon nettement favorable les possibilités d’un « usage intelligent » de l’encyclopédie, s’appuyant sur un exemple concret (l’expérience de Jean-Noël Lafargue), perspective que Pierre Assouline récuse explicitement dans sa préface (p. 23). 

 

Un autre aspect notable du livre est son écriture : le style est généralement pâteux, donnant l’impression que les mêmes idées aurait pu être exprimées beaucoup plus simplement ; il est aussi agrémenté d’un nombre assez élevé d’impropriétés, voire de fautes de français, un peu surprenantes de la part d’étudiants de cinquième année après le baccalauréat (cf. ma page de blog : Pierre Assouline juré du Goncourt)

 

Le travail consiste essentiellement, outre l’utilisation d’une documentation de base sur le sujet (articles de presse ou Internet dont les références sont fournies en notes de bas de page)

*d’une part en une étude portant sur l’enquête publiée par la revue Nature comparant la Wikipédia anglaise et l’Encyclopedia Britannica ;

*d’autre part en entretiens avec divers témoins : responsables de Wikipédia, utilisateurs de Wikipédia, responsables d’encyclopédies autres que Wikipédia, universitaires et spécialistes, etc.

En revanche, les auteurs ne rendent pas compte d’une expérience personnelle comme contributeurs, et ne semblent effectivement ne pas avoir eu une telle expérience, si on excepte l'introduction à titre de test de deux ou trois hoax, « exploit » fortement valorisé par les recensions de presse à l'époque et même à l'heure actuelle (cf. l'article du Monde de janvier 2012).

 

Il semble en effet que les recensions de cet ouvrage aient attiré l'attention sur le thème des erreurs (chapitre 4), alors que comme l’indique Pierre Assouline, La Révolution Wikipédia se veut et est effectivement moins borné que cela. Une particularité est que la première recension (Libération, 9 juillet 2007 : « Wikipédia se trompe à tous vents ») est antérieure de quatre mois à la parution, ce qui a accentué le caractère « sulfureux » de l'ouvrage.

 


Présentation formelle

Le texte est réparti en 7 chapitres sur 114 pages ; on peut estimer le nombre de signes (caractères et espaces) à 150 000 à 155 000 (50 signes par ligne, 27 lignes par page). Du point de vue du volume, il s'agit plutôt d'un très long article plutôt que d'un livre, bien qu’il en ait la structure.

 

La Table des matières (p. 141-142) 

 

1) Le monde de l’éducation ébranlé 27

Un phénomène qui va bien au-delà 34

 

2) Juger les juges : la vérité sur l’enquête Nature 37

Des thèmes peu sujets à controverse 39

Un formatage compromettant 42

Des erreurs non vérifiées par Nature 44

Une enquête surestimée 47

 

3) Les dessous du fonctionnement de Wikipédia 51

Le contrôle des modifications 53

Le rôle des administrateurs 58

Une obsession des chiffres 64

Des millions de wikipédiens 66

La nébuleuse Wikimédia 69

 

4) Erreurs, manipulations et contre-vérités 71

Les limites de la confiance 73

Un projet antiélitiste 75

Manipulations et erreurs célèbres 79

Moi par moi 84

Plus rapide que son ombre 86

 

5) 91 Le réveil brutal des encyclopédies

 

6) Diderot, le premier des wikipédiens 103

Un peu d’histoire 105

Un problème de construction 107

 « Tout est politique, tout est idéologique » 111

Michel Serres : un « wiki-enthousiaste » isolé 118

Un sujet passionnel 122

 

7) Comment devenir « wiki-intelligent » 125

Ö temps, suspends ton vol ! 127

Contribuez, vous êtes noté ! 128

Un Wikipédia figé ? 135

 

Commentaire : les titres et sous-titres utilisés sont parfois plus négatifs vis-à-vis de Wikipédia que le contenu qu’ils recouvrent.

 

Index sommaire

L'ouvrage n'est pas pourvu d'un index. J'indique donc ci-dessous les personnalités citées.

Personnalités liées à Wikipédia

*Jim Wales, fondateur de Wikipedia en 2001 (précédemment responsable d'un site érotique ou pornographique, ce qui est évidemment un lieu commun de toute étude sérieuse sur Wikipédia)

*Larry Sanger, fondateur de Wikipedia en 2001, puis de Citizendium, un projet concurrent

*Florence Devouard, alors présidente de Wikimédia (à la suite de Jim Wales), agronome ; p. 125

*Jean-Noël Lafargue, universitaire, alors professeur à l'université Paris 8 ; p. 115 et suivantes ; p. 129 et suivantes

*Esprit fugace, pseudonyme d'une administratrice de Wikipédia (alors étudiante en physique)

*Michel Serres, universitaire ; p. 118-122 

 

Experts

*Christine X, universitaire (alors à l'université Rennes 2)

*Louise Merzeau, universitaire (communication), membre du comité de rédaction de la revue Médium (Régis Debray) ; p. 108 et suivantes ; p. 123 ; p. 126-127

*Barbara Cassin, philosophe (Google-moi, la deuxième mission de l’Amérique, Albin Michel, 2007), spécialiste de Platon ; p. 78

*Alain Rey, lexicologue ; p. 103 et suivantes ; p. 128

*Jacques Dufresne, philosophe (du Québec), fondateur d'Agora, un projet concurrent de Wikipédia

 

*Laure Endrizzi, chargée d'études et de recherche à la cellule Veille scientifique et technologique de l'INRP (Lyon)

 

*Yves Garnier, directeur du département « Encyclopédies et dictionnaires » de Larousse ; p. 92 et suivantes

*Fabrice Frémy, directeur du Quid ; p. 94 et suivantes

 

*Olivier Duffez, « consultant en référencement », www.webrankinfo.com 29-30

 

Les auteurs citent aussi, sans les nommer : 

*« un spécialiste des encyclopédies » ; p. 106 (« "La conception qui sous-tend l'Encyclopédie [...] et celle de Wikipédia sont très différentes" note l'un des pécialistes du XVIII° qui s'est intéressé à l'Encyclopédie. ». On peut supposer qu'il s'agit d'une citation)

*« un historien » ; p. 117 (« Pour certains historiens, la confiance en la chose écrite se perpétue à travers l'expansion des supports en ligne, tandis que la fiabilité du contenu s'émousse. "Aujourd'hui, on prend tout pour argent comptant",  s'alarme l'un d'eux ». Rien ne signale clairement s'il s'agit d'un témoignage ou d'une citation)

 

Utilisateurs

*Antoine, élève de Première au lycée de Royan ; p. 30

*Jérôme (frère du précédent), élève de BTS 2 ; p. 31

*César, étudiant en licence d’arts plastiques à Paris 8 ; p. 31

*Mathilde, étudiante en 4ème année à l’université américaine de Paris ; p. 32

*Christophe Duflot, étudiant de Jean-Noël Lafargue

*Mohamed, étudiant de Jean-Noël Lafargue

 

 

Bibliographie et références diverses 

L'ouvrage ne comporte pas de bibliographie, mais indique ses références en notes, avec des liens Internet le cas échéant (certains liens ne sont plus opérationnels, mais c'est assez rare)

 

Articles

 

Presse française

*Didier Sanz, « Wikipédia, encyclopédie sous haute surveillance », Le Figaro, 17 janvier 2007  (http://www.lefigaro.fr/20070117.FIG000000183_wikipedia_encyclopedie_sous_haute_surveillance.html)

*Le Monde, 3 janvier 2007 (cf. recension)

* Pascal Riché, « Wikipédia annonce désormais les crimes à l’avance », Rue89, 1° juillet 2007

 

Presse américaine

*Stacy Schiff, « Know it all, can Wikipedia conquer expertise ? », The New Yorker, 31 juillet 2006, www.newyorker.com/archive/2006/07/31/060731fa_fact

*John Seigenthaler, « A false Wikipedia « biography » », USA Today, 29 novembre 2006*Noam Cohen, « A history department bans citing Wikipedia as a research source », New York Times, 21 février 2007(http://www.nytimes.com/2007/02/21/education/21wikipedia.html)

 

La controverse entre la revue Nature et l'Encyclopedia Britannica 

* « Internet encyclopaedias go head to head », Nature, 14 décembre 2005 (lien partiel qui nécessite une inscription

 http://www.nature.com/nature/journal/v438/n7070/full/438900a.html)

* « Supplementary information to accompany Nature news article ‘’Internet encyclopaedias go head to head’’ », Nature, 22 décembre 2005

* « Fatally Flawed. Refution the rcent study on encyclopedic accuracy by the journal Nature », Encyclopaedia Britannica Inc., mars 2006 (http://corporate.britannica.com/britannica_nature_response.pdf)

* « Encyclopaedia Britannica and Nature : a response », Nature, 23 mars 2006

 

Travaux universitaires

*Laure Endrizzi, rapport pour l’INRP, www.inrp.fr/vst/Dossiers/Wikipedia/sommaire.htm (lien non opérationnel)

*Daniel Letouzey, « Les historiens et Wikipédia », Historiens et Géographes, 396-397, octobre-décembre 2006 (http://clioweb.free.fr/debats/wikirr2.htm

*Roy Rosenzweig (CHNM, Université George Mason), « Can History be Open Source?  Wikipedia and the Future of the Past », The Journal of American History, juin 2006 (http://chnm.gmu.edu/essays-on-history-new-media/essays/?essayid=42) (http://chnm.gmu.edu/essays-on-history-new-media/essays/)

 

Divers

* Larry Sanger, « Why Wikipedia must Jettison its Anti-elitism », 31 décembre 2004 (lien vers le site KuroShin, article non trouvé)

* Rick Jelliffe, « An interesting offer : get paid to contribute to Wikipedia », site O'Reillyxml.com, 22 janvier 2007 (http://www.oreillynet.com/xml/blog/2007/01/an_interesting_offer.html)

 

 

Livres

*Alain Rey, Miroirs du monde, Fayard, 2007

 

 

Sites

Observation de Wikipédia

* « Wikipedia Watch » (Daniel Brandt) : www.wikipedia-watch.org (lien non opérationnel, site non trouvé par ailleurs)

* « Wikipedia scanner » (Virgil Griffith) : http://wikiscanner.virgil.gr/

 

Concurrents de Wikipédia

* « Agora » (Jacques Dufresne) : http://agora.qc.ca/

* « Citizendium » (Larry Sanger) :  http://en.citizendium.org/

 

Encyclopédies parodiques

* « Uncyclopedia » : http://uncyclopedia.wikia.com/wiki/Main_Page

* « Désencyclopédie » : http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Accueil

 

Site wiki

* « A million penguins » : http://www.amillionpenguins.com/