La Révolution Wikipédia : la préface de Pierre Assouline

Sommaire de la page 

1) Etude de la préface

Quelques citations notables

Analyse d'ensemble

- Questions de formes

- Sur le livre La Révolution Wikipédia

- Pierre Assouline et Wikipédia : présentation linéaire de la préface

Le « conflit » entre Pierre Assouline et David Monniaux, administrateur de Wikipédia

- Ce qu'écrit Assouline dans la préface

- La page Pierre Assouline avant la première intervention de David Monniaux

- Les interventions de David Monniaux 

 

2) Les bidouillages des étudiants de Sciences Po'

- Le hoax Pierre Assouline champion de jeu de paume

- Le hoax Tony Blair catholique

 

Etude de la préface de Pierre Assouline

Pierre Assouline intitule sa préface à La Révolution Wikipédia « Et ça passe pour une source… » (LRW, 7-26). Cette formulation probablement méprisante (« ça ») se retrouve dans le texte : « puisque c’est là, on fait avec  » (p. 22).

 

Quelques citations

Afin de faciliter la tâche du lecteur, je fournis d’abord quelques citations de cette préface.

 

*Ce n’est pas l’exception, mais la règle et cela devrait signer la faillite intellectuelle du projet Wikipédia. Aucun sens des hiérarchies ni des proportions. Aussitôt dénoncé, aussitôt corrigé, naturellement. (10)

*Sur Wikipedia, n’importe qui peut écrire n’importe quoi, et manifestement on ne s’en prive pas. (13)

*C’est le terrain d’exercice idéal pour les professionnels de la manipulation de l’opinion. (13)

*Il évoque cependant le « désintéressement qui anime les wikipédiens ordinaires » (13)

*Reconnaissons que Wikipédia rend des services pour les recherches mineures, secondaires et ponctuelles ; pour le chercheur, c’est pratique et rapide. (14)

*Il se dégage […] de ce magma d’informations des jugements hautement contestables  (14)

*Wikipédia a la haine du journalisme […] Ecriture, esprit, pratiques, traditions, méthodes techniques, elle demande à ses contributeurs d’éliminer tout ce sur quoi il repose. (18)

*Puisque c’est là, on fait avec. Plutôt que d’ignorer l’outil, tâchons de le maîtriser en exerçant notre fonction critique de contre-pouvoir. (22)

*Comme le phénomène est appelé à durer […], on s’en accommode. Ce qui revient, pour ma part, non à le consulter ni à l’utiliser (je ne pointe jamais de lien vers Wikipédia, il faut être cohérent), mais à appeler les internautes croyants et pratiquants à la vigilance. (22)

*L’esprit critique est l’exception et non la règle (24) [dans le monde d’aujourd’hui]

*Wikipédia « est aux encyclopédies ce que la démocratie d’opinion est à la démocratie parlementaire. » (22)

*Wikipédia est la subtile chambre d’écho de la désinformation. (25)

*L’esprit de l’époque nous répète avec insistance que tout le monde est écrivain, philosophe, photographe, journaliste, professeur et autres si affinités, on peut donc en conclure que n’importe qui est également encyclopédiste. (25)

*A quoi ressembleront les habitants d’un monde où Wikipédia sera devenue l’encyclopédie de référence ? (26)

 

Analyse

J’examinerai d’abord les questions de forme, puis ce qu’Assouline dit du livre, enfin ce qu’il dit de Wikipédia.

 

Questions de forme

La préface est dans l’ensemble correctement écrite : le style est sans rapport avec celui, plutôt bâclé, du livre. On peut cependant faire deux remarques sur ce point :

1) il cite textuellement un passage assez long de son article du 9 janvier 2007, sans indiquer qu’il s’agit d’un recyclage : une sorte d’auto-plagiat ; cela n’a évidemment rien de répréhensible, mais c’est un peu dérangeant, si on lit les deux textes à faible intervalle, de retrouver dans l’autre des phrases de l’un ;

2) une phrase est, sans appel, mal construite :

« Avec tout ce qu’il charrie de contre-vérités, Wikipédia devrait normalement s’exposer à plusieurs procès par jour. » (p. 15) ;

il aurait fallu écrire :

ou bien «… Wikipédia s’expose à plusieurs procès par jour » (constat),

ou bien « Wikipédia devrait normalement plusieurs fois par jour être attaquée en justice » (injonction aux victimes de réagir).

La phrase est parfaitement compréhensible, cependant, mais elle n’en relève pas moins d’un certain laxisme stylistique, d’un « air du temps », d’une « démagogie ambiante » que Pierre Assouline dénonce volontiers, quand il peut les appliquer aux autres.

 

 

Sur le livre La Révolution Wikipédia

Dans sa préface, Assouline utilise de temps à autre des exemples que l'on retrouve dans le livre (Albert Londres, Tony Blair, etc.), mais il dit peu de choses du livre lui-même (deux tiers de page, p. 23) : « l’étude complète, argumentée, équilibrée qu’un groupe d’étudiants du master de journalisme de Sciences Po a mené sous ma direction durant le second semestre 2007. ». Je suis plus ou moins d’accord pour le dernier adjectif (« équilibré »).

En revanche, je ne pense pas que l’étude soit « complète ». Les auteurs, parlant du contrôle des contributions dans Wikipédia, n’évoquent que les interventions des « spécialistes » de la « patrouille RC », alors que le contrôle du fond est probablement surtout effectué par les contributeurs qui ont sur leur liste de suivi les pages qu’ils souhaitent surveiller, notamment celles qu’ils ont créées et auxquelles ils ont contribué.

Je ne pense pas non plus que l’argumentation soit particulièrement bonne : en dehors du cas de leur interprétation curieuse du mot « ouailles » (LRW, 114), je ne vois pas, par exemple, pourquoi ils consacrent une page à Uncyclopedia et à la Désencyclopédie à propos des hoax sur Wikipédia. (LRW, 82-83)

 

Pierre Assouline et le bâclage stylistique de La Révolution Wikipédia

Mais surtout, Pierre Assouline ne fait aucune remarque sur le style du texte LRW : or, ce qui a été publié est un brouillon rédactionnel transformé en livre par le miracle de la typographie informatique. Le terme de brouillon est d’autant plus approprié qu’Assouline désigne Wikipédia comme un « brouillon d’encyclopédie » (p. 22), ce qu’il considère évidemment comme déshonorant, alors qu’il trouve tout à fait honorable d’imprimer un bouquin rempli de bourdes stylistiques. Il m’est arrivé, parallèlement à mes contributions à Wikipédia, de corriger des chapitres de thèses ou des articles : un tel travail n’a certes pas été fait en ce qui concerne LRW.

Pierre Assouline prend soin de préciser qu’il a laissé la plus entière liberté aux auteurs. Il est certainement sincère, mais oublie, en toute sincérité, que la liberté n’empêche pas les rapports de force, ici entre le professeur (statutairement « chargé de cours ») et ses étudiants ; et que nul n’est plus dangereux que le tyran qui exige de ses sujets qu’ils se comportent en hommes libres : « Que cent fleurs s’épanouissent ! », qu’ils disaient…

Curieusement, le seul chapitre écrit à peu près correctement est le septième, celui où les auteurs parlent de Wikipédia avec un point de vue clair, celui d’un possible « usage intelligent », sur lequel Assouline se montre très sceptique (p. 23). Dans le reste de l’ouvrage, on trouve soit une rhétorique de la dénonciation, soit une rhétorique de la déploration : c’est probablement le tribut que les auteurs ont « librement » payé en échange de la liberté qui leur était octroyée.

L’hypothèse que je fais est que les auteurs écrivent comme des cochons quand ils écrivent sous la contrainte de dire du mal de Wikipédia. Ou peut-être y a-t-il eu un conflit entre deux groupes, les « assouliniens » et les « wikipédiens » ?

S’ils jurent qu’il n’en est rien, il reste les questions : pourquoi est-ce si mal écrit ? Pourquoi indiquent-ils qu’ils ont introduit leur « petite phrase » sur Tony Blair à 10 h 14, alors que cela s’est passé à 9 h 14. Détail sans importance ? Personne ne leur demandait d’indiquer l’heure : pourquoi font-ils une erreur d’une heure ? Et à propos d’être complet : pourquoi n’indiquent-ils pas qu’ils ont introduit les mots « de confession catholique » pour la première fois à 9 h 02, et qu’ils ont été immédiatement retoqués (révoqués) par « DocteurCosmos », qui commente : « Vraiment ? ». Il serait intéressant de demander à celui-ci pourquoi il n’est pas réintervenu à 9 h 14 ; peut-être a-t-il fait confiance à la « bonne foi » de ce contributeur, malgré son statut « IP ».

 

Pierre Assouline et Wikipédia : présentation linéaire de la préface

Le texte d’Assouline est divisé en en 4 parties séparées par un espace ; on peut elles-mêmes les diviser logiquement en plusieurs points :

A)

1) p. 7 : Assouline, constatant que ses étudiants bacheliers, issus de l’élite de l’enseignement secondaire (mentions B et TB), accordent une confiance immense à Wikipédia, est étonné que ses étudiants de cinquième année fassent de même, l’un allant même jusqu’à dire durant une réunion sur le sujet : « Mais comment faisiez-vous avant ? » ce qui « me cloua à ma chaise », dit Assouline.

2) p. 8 : Cela de la part d’ « étudiants de cette qualité et de cette ambition » « signe notre échec », « porte en lui la défaite de certaines valeurs » : « nos futures élites n’imaginent même pas  qu’un journaliste aille chercher et vérifier ses informations à la source, qu’un historien écume les bibliothèques, qu’un chercheur fasse le tri dans une bibliographie afin de hiérarchiser ses références ».

Commentaire : 1) les étudiants que présente Assouline sont des imbéciles. Ce n’est absolument pas crédible (ou alors, bonjour Sciences Po !) 2) je connais personnellement des historiens-chercheurs d’âge équivalent à celui des étudiants imbéciles d’Assouline qui non seulement imaginent, mais font le travail qu’il requiert (sans cracher sur Wikipédia, du reste).

3) p. 8-9 : Assouline évoque la question des sources, « base de toute recherche ». Il cite texto une phrase de son article du 9/01 sur le sujet.

4) Deux cas (« il suffit de se baisser » pour « ramasser d’autres exemples » [p. 9], « ce n’est pas l’exception, mais la règle » [p. 10])

*p. 9 : la page Albert Londres, désigné « des mois » comme « journaliste juif français » malgré la présence en bibliographie du livre de Pierre Assouline, où il expliquait de quoi il retourne (Londres est issu d’une famille catholique, mais a été victime d’une campagne de presse le faisant passer pour juif)

*p. 10 : la page Alexandre Soljenitsyne, dans laquelle « pendant des mois », la biographie était pour moitié consacrée au soutien de Soljenitsyne à Franco.

Commentaire : les reproches d’Assouline sont fondés.

5) p. 10 : Dénonciation et déploration

 « Cela devrait signer la faillite intellectuelle du projet Wikipédia. Aucun sens des hiérarchies ni des proportions. Aussitôt dénoncé, aussitôt corrigé, naturellement. Mais, durant les quelques semaines ou les quelques mois que l’énormité est restée en ligne sous un label encyclopédique digne de confiance aux yeux de centaines de milliers d’internautes, elle aura eu le temps de faire des dégâts, puisque reprise comme une information digne de foi. »

6) p. 10-11 : autres exemples d’erreurs

*Assouline champion de jeu de paume (information reprise par le « très sérieux programme du festival de musique classique de Verbier (Valais) où je prononçais une conférence. »

Commentaire : tout le monde sait bien que les habitants de Verbier sont des imbéciles (hoax), d’où le mot « verbiage » (hoax). Hoax mis de côté, il n'est tout de même pas très malin de la part du rédacteur d'avoir utilisé Wikipédia de façon aussi naïve : il se trouve dans un cadre d'usage institutionnel où la moindre des choses est de faire attention. Cela dit, l'épisode a un aspect hautement comique, dont Pierre Assouline ne se rend absolument pas compte, puisqu'on a affaire à une variante intéressante de L'Arroseur arrosé : les étudiants d'Assouline introduisent à Paris un hoax et quelques mois plus tard Assouline rencontre le hoax (disparu depuis longtemps de Wikipédia) dans une petite ville du Valais ! Assouline de proclamer : c'est la faute à Wikipédia ! Bien entendu, ce n'est comique que parce que le hoax est bénin ; ce n'est pas la même chose dans le cas Seignethaler.

*Tony Blair catholique

Commentaire : écrire que Blair est catholique 7 mois avant sa conversion officielle n’est pas très grave ; ce qui aurait été grave, ça aurait été d’écrire qu’il était socialiste !

*Jacques Delors deux fois moins bien traité que « toute « nouvelle star » élue par les téléspectateurs ».

Commentaire : on ne peut pas comparer la longueur de la biographie d’une homme politique et celle d’une pseudo-star médiatique pour juger de la « hiérarchisation » dans Wikipédia ; il faudrait comparer des biographies d’hommes politiques d’une part ; des biographies de pseudo-stars et de vrais stars d’autres part.

7) p. 11 : Déploration de la mise en cause de « l’expertise »

« le pire vandalisme », « ce qui peut arriver de plus accablant dans Wikipédia », « ce n’est pas qu’elle diffuse un article intentionnellement truffé d’erreurs, c’est d’y publier un texte d’une rigueur absolue et de le voir se déliter tous les jours sous la plume d’experts autoproclamés qui ne s’autorisent que d’eux-mêmes ». Assouline déplore ensuite la complaisance de la « vox populi », son « narcissisme », son « « culte de l’amateur » ».

Commentaire : même si en théorie, dans Wikipédia, ce processus est théoriquement possible, il s’agit surtout d’un fantasme.

8) p. 11-12 : Assouline n’a pas le moral

« Mais à quoi bon dénoncer les contre-vérités charriées […] par Wikipédia, puisque […] elles sont supprimées à l’instant […] de leur dénonciation publique. Comme si elles étaient nulles et non avenues, alors que [durant leur période en ligne], elles ont largement eu le temps de faire des dégâts…. » (cf supra). Il n’en va pas de même pour un livre : « une grave erreur publiquement dénoncée, assortie d’une menace de procès, et c’est le livre qu’il faut faire revenir des librairies » etc. « Sur la Toile, la faute et le remords sont permanents. Ils avancent en couple. Son péché est pardonné d’avance. »

 

B)

1) p. 12-13 : « cette encyclopédie en ligne est aussi l’outil idéal pour la désinformation. Les groupes de pression de toutes obédiences, à commencer par […] les plus clandestins  (sectes, révisionnistes, négationnistes), […] en font un usage d’autant plus subtil que l’Internet est encore pour une large part une zone de non-droit ».

Commentaire : Aucun exemple n’est fourni ici.

« Partis politiques, personnalités, institutions, tous s’y mettent, comme l’a montré Virgil Griffith » (l’inventeur du Wikiscanner). » […]

« Sur Wikipedia, n’importe qui peut écrire n’importe quoi, et manifestement on ne s’en prive pas. […] C’est le terrain d’exercice idéal pour les professionnels de la manipulation de l’opinion, lesquels ont parfaitement étrangers au désintéressement qui anime les wikipédiens ordinaires. »

2) p. 13-14 : le cas de la bibliographie de la page Affaire Dreyfus.

3) p. 14 : quelques éléments positifs (avec des réserves)

« Reconnaissons que Wikipédia rend des services pour les recherches mineures, secondaires et ponctuelles ; pour le chercheur, c’est pratique et rapide. Elle est généralement fiable pour ce qui touche aux sciences exactes et à la technique, […] hors le cercle académique des professionnels de la question.

4) p. 14 : encore du négatif (sans réserves) (9 lignes)

« dès que l’on touche à ces sujets sensibles tels que l’histoire, les sciences humaines, l’évolution de l’homme ou la politiques, le grand doute s’installe : les notices biographiques ne sont qu’une suite de dates et d’événements exposés sèchement et chronologiquement selon le dogme illusoire de la « neutralité du point de vue » ; les sources ne sont pas hiérarchisées ; il n’y a ni analyse ni synthèse ; […] il se dégage […] de ce magma d’informations des jugements hautement contestables »

5) p. 14-15 : la neutralité selon Wikipédia (6 lignes)

Elle entend par là l’ « exposé de différents points de vue sur un sujet en ayant pris soin de les identifier clairement. A l’épreuve, on s’aperçoit alors que « neutre » n’est pas synonyme d’ « objectif », mais de « consensuel ».

6) p. 15 : la philosophie de Wikipédia (5 lignes)

« L’outil Wikipédia est aussi hautement politique. Il est fondé sur une utopie philosophique […] adaptée à nos temps de démocratie participative selon laquelle la vérité jaillirait nécessairement de l’accumulation des connaissances citoyennes, et non de la confrontation d’expertises. »

 

C) Les procès qu’on devrait intenter à Wikipédia

1) p. 15-17 : pourquoi n’y a-t-il pas de procès contre Wikipédia ?

Pour deux raisons : parce que « la tache peut être nettoyée dans l’instant » ; parce que « nombre […]  d’entreprises n’ont pas pris la mesure des effets de l’Internet ».

Assouline développe (sur plus de deux pages) le triste sort des entreprises Nestlé, Roche, UBS (il se fonde en effet sur un article du Temps, de Genève, « Wikipédia embarrasse les firmes suisses », 23 juin 2007).

« L’Internet leur fait peur. » (aux « grandes compagnies »).

Commentaire : je pense qu’elles ne souhaitent pas se ridiculiser en intentant des procès pour des phrases qui sont peut-être infondées, mais qui sont des lieux communs dans l’opinion publique. Ce serait vraiment trop Goliath contre David ! Il est amusant de voir qu’Assouline se présente comme plus conscient des intérêts de ces firmes (qui rétribuent pourtant un certain nombre d’avocats) qu’elles-mêmes. Les firmes savent très bien que faire un procès serait jouer à qui gagne perd : si elles perdent le procès, leur culpabilité est prouvée ; si elles le gagnent, cela ne prouve pas leur innocence, mais la force de leurs moyens. C'est injuste (si elles sont réellement innocentes), mais c'est la vie. Revel aurait écrit trois bouquins sur cette injustice qu'on fait aux familles riches et aux grandes entreprises : elles ne sont pas exigeantes, elles veulent seulement des revenus en hausse, des impôts en baisse, l'admiration et l'amour de leurs prochains, et que ceux-ci les prennent en pitié pour endurer toutes ces souffrances (obligation de vivre dans des trous, genre Bruxelles). Assouline se contente de deux pages, c'est un progrès.

 

D)

1) p. 17-18 : réactions à l’article de F. Roussel (Libération, 9 juillet 2007)

Début juillet 2007, Frédérique Roussel a publié un article « Wikipédia se trompe à tous vents », en anticipant sur la sortie de LRW. Les réactions à cet articles montrent que « nombre de wikipédiens ont des comportements dignes de membres d’une secte », de même que celles aux articles d’Assouline sur son blog : « représailles […] immédiates, […] déchaînement sans surprise, mais son sans excès, […]   paranoïa ». « Ils amalgament […] toute critique de Wikipédia à une attaque contre Google […] et la Toile ».

2) p 18

« Wikipédia a la haine du journalisme […] Ecriture, esprit, pratiques, traditions, méthodes techniques, elle demande à ses contributeurs d’éliminer tout ce sur quoi il repose. »

3) p. 18-20 : les reproches faits aux adversaires de Wikipédia, « une fois bannies les insultes et les soupçons puérils d’autopromotion »

Assouline fait une liste réunissant des procès d’intention (« suffisance des étudiants de Sciences Po’ et fatuité de leurs professeur », « Sciences Po’ ne supporte par la gratuité de la connaissance »), des contre-attaques téméraires (les « livres et journaux sont bourrés d’erreurs, « les encyclopédies traditionnelles ne sont que du copier-coller »), des reproches moralisateurs (« inadmissible de vandaliser Wikipédia »), des exaltations de principe (« le partage des connaissances est une révolution », « avancée majeure du XXIè siècle », « référence incoutournable scientifique aussi bien qu’historique »), des remarques terre à terre (« Wikipédia n’est pas parfaite, mais a le mérite d’exister », « le mode de fonctionnement […] s’améliore à chaque attaque », « tout le monde sait que Wikipédia n’est pas fiable, mais c’est toujours mieux qu’une encyclopédie payante »).

« Airs connus », conclut Assouline.

Il reproche aux wikipédiens de s’être focalisés sur le « vandalisme » (=les bidouillages) et de se fonder exclusivement sur l’article de Libération, ignorant l’ « essentiel (la contre-enquête sur la méthode de Nature et la réaction des encyclopédies traditionnelles) » : « et pour cause, puisqu’elle [LWR] n’était pas encore diffusée ».

Commentaire : n’est-il pas curieux de la part d’un « journaliste » de faire un article sur un livre qui n’est pas encore paru ? Peut-on reprocher aux lecteurs de n’être pas d’accord avec cet article sous prétexte qu’ils auraient dû attendre la parution de l’ouvrage ?

5) p. 20-21 : comportements sectaires de responsables de Wikipédia

Assouline signale que « l’enquête […] tombait à un mauvais moment », Wikipédia cherchant à diversifier ses sources de financement (pornographie de Wales) et à attirer des mécènes.

Commentaire : argent et sexe, deux opprobres qu’il est toujours bon d’utiliser (avec modération, il faut le reconnaître).

Il dénonce ensuite le comportement de David Monniaux, administrateur, vis-à-vis de Sciences Po’ (blocage des IP de l’école) et d’Assouline (dénonciation à Richard Descoings des bidouillages dans une lettre du 10 juillet 2007). Il s’étend sur la persécution qu’il subit de David Monniaux, qui le présente comme « professeur » (et non « chargé de cours ») à Sciences Po’ et comme un des responsables des Inrockuptibles. Il affirme que Monniaux aurait agité la menace de poursuites judiciaires.

Commentaire : Assouline développe beaucoup sur le thème « Monniaux ». A supposer que ses assertions soient exactes, est-ce que le comportement d’une personne est significative pour l’ensemble du groupe et surtout pour le résultat de leur travail.

6) p. 22 : Que faire ?

Assouline affirme ne pas vouloir « faire interdire Wikipédia, ni même souhaiter sa disparition ». « Puisque c’est là, on fait avec. Plutôt que d’ignorer l’outil, tâchons de le maîtriser en exerçant notre fonction critique de contre-pouvoir. […] Comme le phénomène est appelé à durer […], on s’en accommode. Ce qui revient, pour ma part, non à le consulter ni à l’utiliser (je ne pointe jamais de lien vers Wikipédia, il faut être cohérent), mais à appeler les internautes croyants et pratiquants à la vigilance […] ».

Il évoque aussi l’article de Jaron Lanier ou de Tim Adams (The Observer, 1° juillet 2007), qui parle de « maoïsme digital »

Commentaire : tout cela est un peu confus.

 7) p. 23 : présentation de LRW (cf. supra)

8) p. 23-24

Le sens critique est la chose la moins répandue du monde : « comment les wikipédiens les plus acharnés peuvent-ils sincèrement croire que l’internaute est couramment doté de sens critique ? […] L’esprit critique est l’exception et non la règle. ».

9) p. 24 : le cas de Ben Myers

Il s’agit d’un écrivain britannique qui a renoncé aux recherches en bibliothèque et à l’enquête sur le terrain parce que « quelques clics lui sufisent et le moteur lui apporte des précisions sur un plateau, Wikipédia en tête ». « Il a renoncé à se rendre dans un petit village de Roumanie où se situe en partie l’intrigue de son prochain roman, car l’Internet a favorisé sa paresse intellectuelle. »

Commentaire : il s’agit d’un problème Internet, pas Wikipédia ; par ailleurs, Ben Myers est un imbécile (il croit pouvoir rejeter sa propre responsabilité sur Internet, Google, Wikipédia).

10) p. 24-25 : Assouline aligne les chiffres usuels sur Wikipédia, puis se lance dans des considérations fumeuses (soulignage gras ajouté) :

*Wikipédia « est aux encyclopédies ce que la démocratie d’opinion est à la démocratie parlementaire.

* « Si l’Internet est […] la caisse de résonance de toutes les rumeurs, Wikipédia est la subtile chambre d’écho de la désinformation » (il conseille d’aller voir sur le site Observatoire de Wikipédia : « la promenade est édifiante »).

* « l’esprit de l’époque nous répète avec insistance que tout le monde est écrivain, philosophe, photographe, journaliste, professeur et autres si affinités, on peut donc en conclure que n’importe qui est également encyclopédiste. »

* « comment oserait-on critiquer une encyclopédie moderne qui fait le pari de la confiance et de l’autorégulation ? »

11) p. 25-26 : les encyclopédies et Wikipédia

* « Wikipédia force les encyclopédies traditionnelles à se remettre en question.

[…] Elles vont devoir réinventer leur propre modèle, tant éditorial qu’économique.

12) p. 26 : retour aux considérations fumeuses, style l’apocalypse pour demain

« La confusion des valeurs ayant le vent en poupe, le « populisme.fr » un boulevard devant lui, la contestation des élites toute une avenue et la démagogie digitale un avenir radieux, nous y sommes presque à « l’encyclopédie citoyenne » ! »

« Mais à quoi ressembleront les habitants d’un monde où Wikipédia sera devenue l’encyclopédie de référence ?

« Le jour viendra où, même ceux du monde d’avant ayant renoncé, il n’y aura plus personne pour répondre à la question : « Mais comment faisait-on avant ? »

                                                                                  PIERRE ASSOULINE »

 

Commentaire : on constate facilement une attitude de déploration devant la déchéance (supposée) d’un monde, qui se transforme en vision apocalyptique en fin de texte.

 

 

Analyse : vues d'ensemble

(à venir)

 

 

Le « conflit » entre Pierre Assouline et David Monniaux, administrateur de Wikipédia

 

Pierre Assouline écrit ce qui suit (p. 20-22) : 

[Suite aux bidouillages des étudiants de Sciences Po’,] « Dans un premier temps, l’informaticien David Monniaux, l’un des administrateurs, supprima l’accès de l’Ecole de journalisme de Sciences Po à Wikipédia en bloquant l’adresse IP qui l’identifie sur le réseau ; puis, après débat avec d’autres administrateurs, il la bloqua de manière à autoriser la lecture mais à interdire l’écriture et les modifications, comme c’est le cas dès qu’il y a vandalisme. Accessoirement, le même David Monniaux surveille de près ma propre notice biographique sur Wikipédia, comme l’attestent ses interventions. Pour une raison que j’ignore, il y maintient deux contre-vérités, ce qui fait beaucoup pour un article de quelques lignes : il me croit membre du comité de rédaction des Inrockuptibles, […] ; et il me promeut « professeur » à Sciences-Po alors que je n’y suis qu’un simple chargé de cours. […] David Monniaux s’est plaint des « dégradations » par nous effectuées sur le site de Wikipédia dans une lettre adressé le 10 juillet 2007 à Richard Descoings, […] ; son en-tête réussissait à mêler l’Ecole polytechnique et l’Ecole normale supérieure autour du sigle du CNRS sans aucune mention de Wikipédia, ce qui était assez gonflé de la part d’un responsable évoquant des poursuites pénales tant vis-à-vis de l’établissement que des étudiants qui se rendraient coupables d’actes aussi répréhensibles. »

 

Commentaire : en ce qui concerne la lettre de David Monniaux, elle ne menaçait pas d'engager une procédure à propos des bidouillages, se plaçait au niveau plus général de l'usage de l'informatique d'un établisssement universitaire (communication de l'auteur) ; par ailleurs, ce que rapporte Pierre Assouline sur sa notice est inexact : David Monniaux n’est pas l’auteur des deux assertions critiquées par Assouline. Au contraire, il demande que le statut professoral d’Assouline soit vérifié. 

 

Je joins ci-dessous les éléments permettant de juger des interventions de David Monniaux (Assouline n’insinuant pas qu’il ait opéré sous un autre nom, on doit se tenir à cela)

 

La page Pierre Assouline juste avant la première intervention de David Monniaux est effectivement très courte : 

Pierre Assouline, né à Casablanca en 1953, est un écrivain et journaliste. Il a publié une vingtaine de livres, dont 10 biographies, 4 romans et a produit plusieurs émissions de radio (RTL, France Inter, France Culture).

Il a collaboré au magazine Lire en qualité de directeur de la rédaction. Il est chroniqueur au Monde 2, critique pour Le Nouvel Observateur, et membre du comité de rédaction du mensuel L'Histoire et des Inrockuptibles.

Depuis 2003, il est Professeur à Sciences Po (Institut d'Etudes Politiques).

 

 

Interventions de David Monniaux sur la page Pierre Assouline

David Monniaux intervient 5 fois le 9 juillet 2007, 1 fois le 10, 1 fois le 12, et 1 fois le 29 septembre 2008.

 

*9 juillet 2007, 7.30 : ajout d’une mention refnec (sans commentaire)

Depuis 2003, il est Professeur{{référence nécessaire}} à Sciences Po (Institut d'Etudes Politiques).

 

*9 juillet 2007, 7.30 : ajout d’une mention refnec (sans commentaire)

''Pierre Assouline''', né à [[Casablanca]] en 1953, est un [[écrivain]] et [[journaliste]].{{référence nécessaire}}

 

*9 juillet 2007, 12.57 : suppression du paragraphe suivant (« fait non significatif dans une carrière universitaire »)

Pierre Assouline a incité cinq de ses élèves de Sciences-Po à réaliser une étude intitulée ''La révolution Wikipédia, les encyclopédies vont-elles mourir ?'' visant à prouver que le concept participatif de Wikipédia n'est pas fiable<ref>[http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/265851.FR.php Article de Libération]</ref>.

 

*9 juillet 2007, 14.08 : rétablissement de la mention refnec (« est-on sûr qu’il a une carte de journaliste ?)

Pierre Assouline''', né à [[Casablanca]] en 1953, est un [[écrivain]] et [[journaliste]].{{référence nécessaire}} I

 

*9 juillet 2007, 14.35 : suppression d’un ajout inadéquat

== Notes et références inaccessibles ==

>== Notes et références ==

 

10 juillet 2007, 10.43 : suppression d’un lien (« lien HS »)

*[http://www.sciencepresse.qc.ca/node/17905 Controverse à la sauce wikipédia], article sur un travail confié à des étudiants de Science Po, "Grande Ecole" Française à propos de l'Encyclopédie en ligne Wikipedia.

 

*12 juillet 2007, 18.55 : suppression du paragraphe suivant (« anecdote sans sources »)

En juillet 2007, il est attaqué pour diffamation par la veuve de [[Jorge Luis Borges]] pour avoir affirmé en août 2006 dans ''[[Le Nouvel Observateur]]'' qu'elle s'opposait à la réédition des œuvres complètes de son mari dans [[La Pléiade]].

 

*29 septembre 2008, 10.23 : ajout de mentions refnec

Né à [[Casablanca]] où il passe son enfance, Pierre Assouline rejoint la [[France]] et suit des études secondaires au cours Fidès et au [[lycée Janson-de-Sailly]] de [[Paris]].{{référence nécessaire}} Après des études à l'[[Université Paris X|université de Nanterre]]{{référence nécessaire}} et à l'[[Institut national des langues et civilisations orientales|École des langues orientales]]{{référence nécessaire}}, il devient journaliste.

 

 

Commentaire : David Monniaux intervient à partir du 9 juillet, jour de la parution de l'article de Libération sur La Révolution Wikipédia : « Wikipédia se trompe à tous vents ». Cependant, ses interventions ne marquent pas une volonté d'énoncer des « contre-vérités » sur Pierre Assouline ; on peut cependant remarquer l'élimination de la mention du livre en question ; le motif n'est pas très convaincant (Pierre Assouline n'a pas à proprement parler de "carrière universitaire"). On pourait imaginer que David Monniaux veut éviter que Wikipédia fasse une sorte de publicité pour le livre, non encore publié (il ne le sera que début novembre).

Quant aux « contre-vérités », si l'expression peut s'appliquer à son appartenance au comité des Inrockuptibles, il paraît plus difficile de le faire pour « professeur à Sciences-Po ». Le mot peut en effet être employé dans un sens générique : il enseigne à Sciences-Po', il est prof' à Sciences-Po', il est professeur à Sciences-Po'. Cela ne connote pas spécialement un grade universitaire (il y a une différence entre "il est professeur à l'université" et "il est professeur d'université). De surcroît, comme il le note lui-même, ce serait une promotion : le « mensonge » en ce cas est moins grave que s'il s'agissait d'une dégradation... Pierre Assouline fait en quelque sorte feu de tout bois afin d'alourdir le dossier : mais c'est un peu abusif.

 

 

 

Les bidouillages des étudiants de Sciences Po'

Un article de Cyberpresse du 9 juillet 2007 évoque deux opérations de testing menées par les auteurs de La Révolution Wikipédia sous le titre « Etude : Wikipédia ne dit pas toujours vrai ».

Le titre de l’article n'est pas approprié ; en fait, il n’y a besoin d’aucune étude pour savoir cela. On pourrait aussi trouver des erreurs dans tel ou tel ouvrage sérieux, étant donné que l’erreur est humaine. Les tests porte en réalité sur la réactivité de Wikipédia face à des informations erronées. Il est évident que le nombre de test est insuffisant : il en faudrait plusieurs dizaines, avec des erreurs dont l’évidence serait plus ou moins forte (ce qu’on pourrait évaluer en interrogeant un échantillon moyen de la population française). En l’occurrence les apprentis chercheurs ont choisi des erreurs d’évidence moyenne.

 

L’affaire « Assouline champion de jeu de paume »

 

Les faits relevés sur l’historique de la page Wk « Pierre Assouline » :

*le 2 mai 2007, à 9 h 39, un contributeur sous IP ajoute à la fin de la présentation biographique : « En 2001, Pierre Assouline a remporté le championnat de France de Jeu de Paume. ». Cette mention est retirée le 15 mai 2007, à 21 h 17, par Antigravity, avec la mention « Information fausse ».

*le 14 novembre 2008, à  9 h 08, un contributeur sous IP écrit à la fin du premier paragraphe de sa biographie : « C'est le champion de France du jeu de Paume. ». Cette mention est retirée à 9.10 par Dreoven.

 

Frédéric Joignot indique l’opération du 2 mai 2007, mais il la date curieusement de 2008 (l’opération du 14 novembre 2008 étant peut-être un petit test complémentaire). On pourrait penser qu’il n’a pas même pris la peine d’aller vérifier le témoignage de son informateur, qui a dû confondre les deux. Il ajoute que « cette erreur circule bientôt partout » et qu’elle « remet en question le fonctionnement de Wikipédia.

 

Le test avait-il de l’intérêt ?

La fausse information est assez anodine : elle ne porte aucun atteinte à la réputation de Pierre Assouline, elle est un peu insolite, mais sans plus. De fait, il existe une Fédération française de jeu de paume ; il existe aussi des championnats de jeu de paume. L’idée que Pierre Assouline pratique un sport désuet et confidentiel offre un certain degré de vraisemblance.

Les étudiants ont testé :

*qu’il est possible d’introduire volontairement des erreurs dans Wikipédia (mais il s’en introduit beaucoup plus par mégarde) ;

*que cette erreur a été relevée au bout de 13 jours et 12 heures environ ou bien qu’elle n’a été relevée qu’au bout de 13 jours et 12 heures environ.

La durée du délai de retrait correspond peut-être à l’absence d’intérêt pour les capacités sportives de Pierre Assouline. A mon avis, le test n’était pas tellement bien choisi.

 

 

L’affaire de la conversion de Tony Blair au catholicisme

 

Tony Blair qui semble avoir eu depuis assez longtemps une attirance pour le catholicisme s’est finalement converti officiellement en décembre 2007, après avoir quitté ses fonctions de Premier ministre (cf. Le Figaro :

http://www.lefigaro.fr/international/2007/12/22/01003-20071222ARTFIG00422-tony-blair-devient-catholique.php)

 

Les faits relevés sur la page Wk « Tony Blair »

*le 2 mai 2007, à 9 h 02, un contributeur sous IP introduit au début de la phrase « Tony Blair débuta sa scolarité etc. » les mots « De confession catholique », « De confession catholique, Tony Blair débuta… » (on a ici un exemple de l’usage abusif de l’apposition, cf. problèmes stylistiques).

*cette mention est supprimée immédiatement par DocteurCosmos avec la remarque « Vraiment ? »

*à 9 h 14, l’IP rétablit la mention « de confession catholique » (remarque : dans La Révolution Wikipédia, p. 119, les responsables indiquent non pas 9 h 14, mais 10 h 14, ce qui est pour le moins étonnant...)

*le 15 mai 2007, à 21 h 14, Antigravity remplace « de confession catholique » par « de confession anglicane »

*le 10 juillet 2007, le bidouillage est évoqué en page de discussion Tony Blair en relation avec l’article de Cyberpresse

*le 22 décembre 2007, à 18 h 50, TCY introduit l’ information de la conversion de Blair, étayée par l'article du Figaro

 

La mention erronée est donc restée 13 jours en place. L’article de Cyberpresse indique « plusieurs semaines », ce qui est abusif. Est-ce que ce délai est scandaleux ?

 

Là encore, on a affaire à une information pas totalement invraisemblable, puisque Tony Blair se convertit 7 mois plus tard. Telle qu’elle est présentée, elle s’applique à son enfance, puisqu’elle est mise en relation avec sa scolarité, donc à sa famille : mais il existe des catholiques au Royaume-Uni ; pour les Français, il n’est pas totalement invraisemblable que Blair puisse être catholique, et c’est indifférent à beaucoup. Ce qui est curieux, c’est que DocteurCosmos qui a senti quelque chose laisse tomber ensuite, se fiant peut-être à la supposée bonne foi (c’est le cas de le dire) de tout contributeur.

 

Au total, la presse (Frédéric Joignot pour la première affaire) ne devrait pas utiliser ces deux tests comme des « preuves » contre Wikipédia ; au minimum, elle devrait en fournir les données exactes et laisser aux lecteurs le soin d’en juger. Selon l'article de Cyberpresse, les étudiants de Sciences Po' ne semblent pas leur accorder une si grande importance : « "Notre conclusion, c'est que Wikipédia est un outil parmi d'autres et qu'il ne faut pas que ça supplante tous les autres outils d'accès à la connaissance. Mais c'est tout à fait possible de faire un usage intelligent de Wikipédia", dit Béatrice Roman-Amat. »

 

Un certain nombre d'affaires concernant Wikipédia sont cependant plus graves .