Pravda l'argumenteuse : l'affaire du moteur de recherche (2)

Publié le par Jacques Goliot

 

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Une diatribe endiablée

 

Après avoir expliqué ce que (selon elle) disent certaines personnalités du moteur de recherche Wikiseek, Alithia énonce « ce qu’elle en pense » (et c’est « ce qu’elle en pense » que l’on retrouve dans les commentaires à l’article de Francis Pisani).

Je cite, trouvant que çà vaut son pesant de cacahuètes (soulignement ajouté par moi) :

« C’est vrai que wikipedia est tellement mal foutue en matière de (non) classements, classifications et catégories aberrantes, absence de qqchose équivalent à une table des matières, entrées qui seraient quelque peu logiques et liens qu’il faut un moteur de recherche pour s’y repérer. Quel aveu !

Grâce aux outils informatiques hyper-performants on produit un objet qui est un vaste foutoir, faute d’avoir pensé d’abord quelque chose comme une logique d’organisation. Bref manque une conception d’ensemble, une conception tout court, une pensée. C’est le triomphe de la technique sans pensée, sur la base du pari absurde que tout s’organisera de soi, comme par enchantement. Stupidité abyssale de la non-pensée informatique. Dramatique abandon à la technique censée gouverner toutes choses et imposer à elle seule un sens ! ! !

Manque dramatique d’un comité de rédaction, d’une direction intellectuelle etc. Wikipedia montre l’abdication de l’esprit devant la technique toute-puissante dans un abandon et une croyance désespérants de naïveté, dans une fascination pour le seul objet technique.

Si le moteur de recherche de wikipedia est à son image , ce qui serait logique, il ne sera pas conçu et cet objet sans pensée, tout aussi stupide pari de la technique substituée à l’esprit ne donnera pas de meilleurs résultats que cette soi-disant “encyclopédie” inepte, montage et montagne d’opinions largement fausses, qui accouche d’une grande médiocrité au sein de laquelle la propagande pour les idées les + infectes prospère sans contrôle.

Wikipedia un amas d’opinions à la dérive, ramassant sur son passage tous les déchets, les rejets, les ordures et les saletés qui flottent dans ces eaux saumâtres où elle s’étale : bêtise, grossièreté, vulgarité, stupidités, contre-vérités, ignorance, machisme et fascisme y règnent, et les idéologies d’extrême-droite, négationnisme, islamisme, antisémitisme, s’y propagent. »

 

Il serait peu fair-play de considérer cette diatribe comme le symptôme d’une crise d’hystérie d’Alithia. Je ne le ferai donc pas et je désavouerai sans relâche toute affirmation insinuant, par exemple, que « cette gonzesse est complètement folle », qu’ « elle a perdu les pédales » ou qu’ « elle déconne à plein tubes ». 

 

En revanche, je crois nécessaire de l'analyser un peu, en commençant par une question : de quoi au juste parle Alithia ? En fait, elle ne parle plus du moteur de recherche Wikiseek, mais de la fonction recherche disponible dans toute page Wikipédia : « wikipedia est tellement mal foutue […] qu’il faut un moteur de recherche pour s’y repérer. Quel aveu ! » (la question reste posée de savoir si elle confond réellement les deux choses, ou si elle fait semblant). 

 

La fonction recherche de Wikipédia

Elle sous-entend que toute encyclopédie véritable est dotée d’un classement tellement performant qu’il n’y a pas besoin de « moteur de recherche interne ». C’est tout à fait inexact et il faut signaler à la décharge de Wikipédia, que :

a) nombre d’encyclopédies (papier) – Universalis, Britannica, etc. – ont adopté un système de classement assez basique, pour ne pas dire primaire : l’ordre alphabétique des articles ; 

b) que l’Universalis (papier) fournit à côté des volumes « Corpus » des volumes « Thesaurus » qui sont un index  permettant notamment de savoir où localiser des items qui ne font pas l’objet d’un article, ainsi que les occurrences secondaires des items qui en font l’objet : un index, c’est-à-dire une sorte de « moteur de recherche » pré-informatique ;

c) qu’il en va de même pour la Britannica (papier) ; 

d) qu’une encyclopédie thématique (papier) comme le Quid disposait d’un « Index » qui permettait de localiser un très grand nombre d’items ;

e) que l’Universalis numérique propose une fonction de recherche interne.

f) etc., etc.

 

Il résulte de tout cela que l’existence d’une fonction de recherche interne à un site peut difficilement être considérée comme « l’aveu d’un désordre interne insurmontable ». 

 

 

Le moteur de recherche Wikiseek

Il suffit de creuser un peu pour constater qu’Alithia est à côté de la plaque sur un autre point : non seulement Wikiseek n’était pas identique à la fonction de recherche de Wikipédia, qui existait avant 2007, mais il s’agissait d’un moteur d’origine extérieure, même s’il n’analysait que les pages Wikipédia.

Il a en effet été créé par une startup, « Searchme ». Ultérieurement (donc à une époque postérieure à l’article d’Alithia), il a été hébergé par Wikia et reconnu par la Wikimedia Foundation. 

Wikiseek était présenté comme plus performant que la fonction recherche de l’époque ; pour autant, il n’a pas eu le succès escompté et le service a été interrompu en 2008

 

 

Ces constats d’erreurs, omissions, confusions, incompréhensions, ne doivent pas remettre en question l’essentiel : fière Walkyrie de la lutte contre Wikipédia, la Surblogueuse argumenteuse faisait un travail de très grande valeur et d’extrême qualité.

 

 

A venir

3) Alithia et « Dan Sullivan » : une tentative de prise en otage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Alithia : analyses

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