A propos de la page Wikipédia « Frédéric Chopin » 6 ANNEXE 1 Le site d'E. Langavant sur la nationalité de Chopin

Publié le par Jacques Goliot

 

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Cette page est une annexe de la page « A propos de Frédéric Chopin 6 ».

 

Il s’agit de la présentation analytique (page par page) du site d’Emmanuel Langavant « Chopin – musicien français »

 

 

 

La page d’accueil

 

Illustration : portrait de Chopin en plein page

Texte :

« Peu de Français savent qu'ils devraient dire: « CHOPIN, compositeur français, musicien de la Pologne » et non pas - et la nuance est de taille - « CHOPIN, musicien polonais ».

C'est ce que M. Emmanuel Langavant, agrégé de droit public, professeur à la faculté de droit de l'université de Lille 2, démontre au fil de ces quelques pages.

 

Copyright © Benoit Musslin - DIAPH16 »

 

 

La page « Enfance » 

Elle est consacrée à des considérations d’ordre musicologiques et idéologiques sur la polonité de Chopin. Sont cités : 

*pour la polonité : Marie Wodzinska, Frédéric Chopin, Arthur Rubinstein, un article de la presse polonaise de 1830, Ignacy Paderewski ; 

*contre : Antoine Goléa (Roumain), Lucien Rebatet (Français).

 

L’auteur donne un argument plutôt favorable à la thèse de la polonité : 

« CHOPIN lui-même se déclarait « Mazovien corps et âme » ( La Mazovie est la région environnant Varsovie ) et considérait la Pologne comme sa patrie. », néanmoins, une des idées sous-jacentes est que les Polonais ont toujours voulu « s’approprier » Chopin : « Les Polonais, dés les débuts du compositeur, ont eu tendance à se l'approprier ».

Dans cet ensemble dénué de tout caractère scientifique relativement au sujet, l’auteur glisse une remarque sur les parents Chopin : 

« N'oublions pas que si sa mère était Polonaise, son père, professeur de français établi a Varsovie depuis 1787 était Français, né en France, et n'ayant jamais songé a renier sa nationalité »

 

 

La page « Origine » 

Elle prolonge la précédente.

Sont cités : 

*pour : Marie Landowska

*contre : Amédée Ponceau, Camille Bourniquel, André Coeuroy

 

L’ouvrage de Marie Landowska (« la grande claveciniste ») est discrédité sans appel : « Nul n'attribuera plus crédit scientifique à son affabulation, suivant laquelle la grand-mère CHOPIN aurait fauté avec un Polonais, venu à la suite du Roi Stanislas LECZINSKJ en Lorraine, du nom de SZOP ... d'où CHOPIN !... ». A voir…

 

« Il a fallu un siècle pour pouvoir établir de façon précise et objectivement irréfutable le problème de la nationalité, ou plutôt des origines de CHOPIN. Tous les moyens furent mis en œuvre pour brouiller les pistes, fausser les faits, égarer les recherches en formulant des hypothèses tendancieuses : on alla jusqu'à publier des correspondances apocryphes. En dernière analyse, ce n'est ni parce qu'il a une mère Polonaise, ni parce qu'il est né en Pologne, que CHOPIN est de plein droit un musicien polonais : c'est un musicien de génie, qui utilise le folklore ( 6 ).

Inutile de multiplier les citations... On aura compris qu'au-delà de leur même communion dans le culte de CHOPIN, existe en France et en Pologne une pomme de discorde : la nationalité du compositeur, que doit tenter de résoudre le juriste. »

 

Sur ce, malgré la formule « Inutile de multiplier les citations... », on a une nouvelle livraison incluant cette fois l’idée d’un « partage », que l’auteur réfute : 

*pour le partage : Larousse de la musique 1957, François-René Tranchefort, 

*contre la polonité : Alfred Cortot

 

 

La page « Ascendance »

Elle est consacrée aux ancêtres paternels de Chopin, jusqu’à Nicolas Chopin. Est donné le détail des déplacements du Dauphiné à la Lorraine, ce qui n’a rien à voir avec le sujet. 

La seule chose intéressante, insuffisamment analysée, c’est les circonstances de la « découverte » du lieu de naissance de Nicolas Chopin au début des années 1920 (l’auteur indique que cela est dû à la restitution « par l’URSS à la Pologne reconstituée » de « nombreux dossiers » parmi lesquels « se trouvait celui des états de service dans la fonction publique polonaise ( Enseignement ), de Nicolas ». 

Je ne vois pas pourquoi le dossier de Nicolas Chopin aurait jamais quitté Varsovie pour être confisqué par les autorités russes ; si c’est exact, il faudrait au moins donner des indications sur le pourquoi de ce transfert.

 

Vient ensuite une « Généalogie » de Chopin, en réalité, la lignée paternelle depuis le XVIIème, où apparaît tout de même la « rapportée » Justyna Krzyzanowska. Des ancêtres maternels de Chopin, on ne saura rien.

 

 

La page « Famille »

L’auteur donne quelques citations (Cortot reprenant Landowska, Louis Aguettant) concernant les motifs supposés du départ de Nicolas Chopin pour la Pologne, puis utilise la thèse de Ladaique et explique les liens entre Marainville et la Pologne : achat du château par « le Comte Jean-Michel PAC, qui y menait grand train. Il confia l'administration du personnel a François CHOPIN, nommé Syndic de la Communauté. » Puis, « comme l'a écrit GAVOTY : « Habitué a vivre en milieu polonais - lequel parlait français - peu tenté par l'héritage du métier paternel, rendu ambitieux par le succès de ses études classiques, il suivit tout naturellement le couple WEYDLICH quand celui-ci, aux approches de la révolution française, regagna la Pologne » ( 15 ). ». 

D’où sort le « couple Weydilich » : mystère et boule de gomme !

 

Il retrace ensuite la carrière de Nicolas Chopin en Pologne et finit par : 

« Il a manifesté par deux fois son intention de retour en France, mais sans y donner suite. Mais il importe de relever que Nicolas CHOPIN, lors de sa rencontre avec son fils à Carlsbad en I835, est inscrit au registre de police relatif aux Étrangers comme Français, qu'il n'a jamais renié sa nationalité, ni demandé sa naturalisation comme Polonais. »

Un élément concret, mais pour lequel n’est donné aucune référence. 

Remarquer l’aspect moralisateur qui assimile une demande de naturalisation à un « reniement ».

 

Commence alors, dès cette page,  l’étude du problème de la nationalité qui est poursuivi sur la page ainsi intitulée (je regroupe).

 

 

La page « Nationalité »

Il commence par des considérations générales : le caractère personnel du statut national ; la différence entre droit du sang et droit du sol. 

 

Puis : « Autrefois, dans le Code Napoléon de 1804. seule comptait l'acquisition par le sang, car le « jus soli » ne sera reconnu qu'à l'époque récente dans notre Droit ( 1945 ). »

L’auteur semble ignorer qu’un droit du sol impératif (non facultatif, sauf à quitter la France) a été établi en 1889 pour les enfants nés en France de parents étrangers nés en France (assez nombreux à l’époque).

Il semble aussi ignorer qu’un droit du sol facultatif existait dans le Code Napoléon de 1804 pour les enfants nés en France de parent étrangers (article 9). 

 

Il passe ensuite du passeport de 1837 (« issu de parents français ») à l’acte de baptême (« gali »), notant que cette remarque ne se trouve pas dans les actes de baptême de ses filles. Il ajoute ensuite : 

 

« La nationalité de la mère importe peu, et ce d'autant plus que l'article 12 déclare :

« L'étrangère qui a épouse un Français suivra la condition de son mari », de sorte que Justyna KRYZANOWSKA. par son mariage à Brochow, en 1806 avec Nicolas CHOPIN, changeait ipso facto de nationalité. Frédéric est donc bien issu de deux parents français. »

A peine croyable : il croit que le mariage a eu lieu sous les auspices du Code Napoléon français !

 

« Mais, n'y avait-il pas lieu à double nationalité, du fait de la naissance de CHOPIN sur le territoire polonais ? Non, puisque, nous l'avons dit, le « jus soli » n'est pas reconnu à l'époque, et que, de surcroît, le Droit qui s'applique au Grand-Duché de Varsovie où résidait Nicolas, n'est autre que le Code civil français ! »

 

Il retrace alors les péripéties de la création du « grand-duché de Varsovie ». Le moins qu’on puisse dire est que c’est un véritable fouillis. Il ne remarque même pas la contradiction entre ses propres données : la date du mariage en 1806 et la création du duché en 1807 ! 

 

 

La page « Code civil »

Il évoque la création du Royaume du Congrès, mais indique que cela n’a aucune importance pour Chopin, puisque né avant. 

 

« Ainsi, de quelque côte que l'on se tourne - France ou Pologne -, seul s'appliquait le Code civil.

En France, il accordait a la seule filiation un effet attributif de nationalité : en Pologne, il n'accordait aucun effet de nationalité à la naissance sur le sol.

Peu de Français savent qu'ils devraient dire : « CHOPIN, compositeur français, musicien de la Pologne » et non pas - et la nuance est de taille ! - « CHOPIN, musicien polonais. »

Certes, sa terre natale a été une passion pour CHOPIN, qui céda volontiers à la sympathie que Paris éprouvait alors pour tout émigré victime de la persécution tsariste, la « Polonite », comme on disait alors.

Il reste, comme on l'a écrit, que « CHOPIN issu de l'alliance de deux races, eut toujours conscience de n'être qu'un déraciné, qui parcourait à l'envers le chemin jadis accompli par son père ».

 

Emmanuel LANGAVANT

 agrégé de Droit public

Professeur à la Faculté de Droit

de l’université de Lille II »

 

 

Publié dans Histoire

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